MÀRIELLE, SYLVIA, FLORIMOND, FAB 10, ERGASTE
Fabio et Ergaste apportent des banquettes du chariot, des coffres et des ballots qu’ils disposent sur des rochers et sur des souches d’arbre. Ils disposent leurs mets portatifs et les flacons pour un repas champêtre; Floriinond les aide, Marielle et Sylvia aussi.
FLORIMOND, pendant qu’ils agissent.
Allons-nous enfin manger? Je me sens
L’estomac creux comme un rebee.
FABIO
Toujours du Regnier, poëte chagrin qui plaît aux gens rechigneux 1
ERGASTE
Moi, j’apporte les coussins du chariot pour ma bonne petite camarade Sylvia. Allons, Marielle, ne me les ôte point des mains, j’en veux avoir le mérite ; crois-tu donc qu’il n’y ait que toi pour être attentif au service des dames ?
Que la galanterie sied bien à Ergaste f
FLORIMOND
Oui, comme des manchettes de dentelle...
• FABIO
A Florimond.
FLORIMOND
le ne te parle point, marjolet !
FABIO
Tu souhaites donc, pour la première fois en ta vie, de m’être agréable.
FLORIMOND
Si je... (ils s’attablent.)
3 *8 TITÉATRE DE VOUANT
ERGASTE, à table.
Oh ! point de querelles, point de brocards? mes amis, gardons cela pour le moment du spectacle, où chacun, malgré soi,’ se monte la tête et s’échauffe le sang. Lé soldat sur la brèche n’est point aimable ; mais, en campagne, je me souviens comme nous étions bons camarades! Eh,I morbleu l..aë me faites point regretter le harnois! je me suis fait comédien, c’est pour être toujours joyeux ! Vive la joie!
VA n IE (.LE.
Bien dit, Ergastef Ici, en b!oine > eampa , |n'é,.eh plein repos, en pleine liberté, en plein soleil, chassons les méctianfes habitudes du métier, les mauvaises paroles, et soyons amis! Mes chers enfants! je bois à vous tous!
ERGASTE
A Sylvia, d’abord, Sylvia Flaminia, Eülaria, Yiolette v Isabelle; enfin à la perle des grandes premières! (tous trinquent, excepté Florimond.) ... , , .
• . . . SYLVIA
Florimond, je veux que vous me fassiez raison, et, pour cela, je vous porte la santé de Tiburce et d’Artaban !
.... F.LORIMOND, trinquant.... u . L- ^ .... u Vivent les chiens ! il n’y a qqe cela d’honnéte, de sincère et de fidèle en ce triste monde ! Ne djsajs-je point vrai ? Voyez qui vient ici I (On voit venir, clopin-clopant, Desœillcts, de pin»
en p'ns râpé, tout poudreux, et portant un maigre paquet fur l'.épaule bout d’un bâton de voyage.) Voilà une cfiienne de ftgure que je serai forcé de fendre en quatre pour m’en débarrasser. Vantez donc les charmes de la campagne, quand de pareils limiers vous y viennent dépister !