‹ Théâtre de NohantChapitre 183 sur 208 · SCÈNE. XVI ERGASTE, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE. XVI ERGASTE, seul

Müi. j’ ai du temps avant de paraître, et je les veux un peu regarder. Florimond me raille de ce que j’aime toujours ce métier-là ! Je n'en fis que deux en ma vie, et je les fis tous deux de bonne foi : soldat et comédien ! la farce après la tragédie ! J’ai fait en conscience l’état de brave : aujourd’hui, je ne fais plus que le bravache; mais plus je me divertis d’avoir à copier les grimaces de la couardise, plus il me semble que cette feinte me hausse le cœur. (Regardant par la portière.) Ah! mon petit Pierrot! c’est bien, cela! bravo! C’est fort gentil, ce petit jeu de scène ! Allons donc, le public ! qu’on l’encourage ! (il bat des mains.) Et mademoiselle Marinette ! Ce n’est point mal. Ce n’est point chose si aisée que de doubler la Sylvia!... Ah! voici mon Fabio! Comme cela vous a bon ton et bon air!... Bravo, Florimond! Oh! nous savons notre affaire !... Mais Marinette entre!... Mon bon Marielle, mon vieux camarade! Taisez-vous dans les coulisses ! chut !... Ah ! comme voilà une entrée bien faite ! Et cette grâce ! à soixante ans ! plus léger qu’un oiseau ! Et ce jeu de visage ! (il rît en regardant.) Bravo, bravissimo ! vieux lutin ! Il y a vingt-cinq ans que je le vois et je ris comme lo premier jour ! (il s’essaie les yeux.)

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