FLORIMOND, MA RI EL LE
MARIELLE, arrêtant Florimontl» qui veut l'emmener.
Pierrot va souper, c'est bien ! Conduis-moi sur le théâtre.
FLORIMOND
Que diable avez-vous à faire avec le théâtre ? Reposezvous donc le corps et l’esprit. Vous voulez toujours courir et vous ne vous soutenez point. Songez donc que vous êtes malade !
MARIELLE, se ranimant.
Tu me dis toujours que je suis malade ! Je ne suis pas plus malade que toi !
FLORIMOND
Soit ! mais venez vous coucher.
MARIELLE.
Pas avant que j’ai trouvé une personne cjuo je cherche, et que je laissai ici... il y a longtemps 1
FLORIMOND
Allons ! oubliez donc vos rêveries ! vous n’êtes point raisonnable.
MARIELLE, sans l’écouter.
Dis-moi, tu ne l’as point vue '?
FLORIMOND
Si vous me l’eussiez donnée à garder, elle ne serait point où elle est, morbleu ! Oubliez-la ! Elle ne vaut point la peine d’être cherchée.
MARIELLE, irrité.
Que dites-vous là, monsieur? Vous m’en rendrez raison!
FLORIMOND
Allons, calme-toi, vieux enfant !
Oui, vieux enfant, vieux comédien, vieux jouet î voilà comme ils disent 1 Mais je leur ferai voir qu’un comédien est un homme ! Où sont-ils, ceux-là qui me raillent et m; montrent au doigt ?
FLORIMOND
Est-ce que tu ne me veux point reconnaître, à présent ? Voilà du nouveau ! Marielle, allons-nous-en.
MAMELLE, hors de lui.
Ne me touchez point ! Vous êtes des assassins, des infâmes ! (U résiste, lutte avec Florimond, et, retrouvant scs forces, lui serre la gorge convulsivement.) Rcndez-la-moi, rendez-la-moi ! ou je VOUS tue tous... tous ! (il jette Florimond sur une chaise et tombe évanoui dans ses bras.)
FLORIMOND
Il m’a presque étranglé. Il devient terrible!... Comment fait donc Pierrot pour en venir à bout ? (Le regardant.) Le voilà calmé!... Évanoui ? Oh ! mille millions de diable, le voir ainsi ! Pauvre Marielle 1 le seul homme que j’aie peutêtre jamais aimé ! (Il l’emporte dans scs bras. Pendant qu’il sort par la gauche, Desœillets entre par le fond et l’observe.)