FRANCINE, LE DRAC
LE DRAC, agité.
Que fais-tu là, Francine? Ote-toi de là!
FRANCINE
Non ; je demande du secours contre toi, et j’en aurai !
LE DRAC
A qui demandes-tu secours ?
FRANCINE
A celui que tu ne connais pas.
LE drac.
Si, je le connais... Je le connaissais du moins avant d’être homme ; car, dans la nature, il n’y a que l’homme qui ose et qui sache nier Dieu!
FRANCINE, so levant.
Tu dis son nom, et il ne te brûlo pas la langue? Tu n’es donc pas...?
LE DRAC
Non, je ne suis pas l’esprit du mal. Cet esprit-là, Francine, n’cxisto que dans l’imagination de tes semblables.
FRANCINE
Et pourquoi est-il dans ton cœur ?
LE DRAC
Ah ! que me dis-tu là I II n’est donc pas dans le tien?... Oui. je me souviens, quand j’étais saintement épris de toi, c’est la pureté de ton âme qui me charmait. Ah! Francine, j’étais alors le frère de ton bon angel
FRANCINE
Et tu es devenu le frère du mauvais ?
LE DRAC
Non, je suis devenu homme I
FRANCINE
Eh bien , si tu es devenu ce que tu dis, tu peux encore être sauvé. Je vas prier pour toi.
LE DRAC
Où donc vas-tu prier ?
FRANCINE
Dans la chambre où ma pauvre mère est morte, à côté de son lit. Quand je suis là, je m’imagine que je la vois et que nous prions toutes les deux; ça fait que je prie mieux là qu’ailleurs.
Et que vas-tu demander pour moi ?
FRANCINE
Que le bon Dieu t’ôte l’envie et le pouvoir do faire du mal.
LF. DRAC, dmu.
Eh bien , va, Francine, et prie de tout ton cœur. (Elle entre dans sa chambre.)
LE DEAC
CO