SCÈNE y
BACTIS, MYRTO, CHRÉMYLE, CARION, tous deux en désordre, effarés et terrifiés.
CHRÉMYLE, embrassant Myrto, qui court au-devant de lui.
Ma fille ! Je craignais de te trouver morte ! Ta mère, où estelle? Ton frère...?
MYRTO
ns n’ont pas quitté la maison, et aucun de nous n’était en danger ; mais vous ?.. .
CHRÉMYLE, troublé.
Oh ! oui, moi ! La tempête !...
Les éclairs!...
CARION
Le vent !...
CHRÉMYLE
La grêle !...
CARION
Et la foudre !...
CHRÉMYLE
CARION
Une bourrasque à décorner des minautores !
Des serpents de feu qui semblaient les flèches d’Apollon en courroux ! »
CARION
Les murs du temple ébranlés par les hoquets du Tartare !
CHRÉMYLE
Et la propre foudre de Jupiter éclatant sur nos têtes !
CARION
Brisant sur l’autel limage de Plutus aussi menu qu’une tête d’échalote dans un mortier à saucisses!
CHRÉMYLE
Et au retour quel désastre ! Ma récolte de l’année perdue, mes champs ravagés, mes plantations hachées !...
CA R ION
Par des grêlons plus gros que des citrouilles 1
CHRÉMYLE
Mes meules entraînées par les eaux gonflées de ITlyssusL.
CARION
Et servant de refuge à nos pauvres poules effarouchées !
MYRYO.
La peur n’a-t-elle pas troublé vos esprits, mon père? J’ai entendu un grand bruit ; mais voyez : il n’est tombé ici ni grêle, ni pluie, ni foudre.
CHRÉMYLE
Ah ! que n’y suis-je resté sous la protection d’Apollon ! que n’en ai-je chassé Plutus, au lieu d’offenser Jupiter ! Cette méchante nuée eût été crever plus loin, chez les autres. Hélas ! je n’ai que ce que je mérite, et mon impiété est punie.
MYRTO
Et Plutus, ne le ramenez-vous pas ?
CH H KM Y LE, soupirant.
Plutus ? Hélas I
CARION
Plutus a disparu, voilà le pire ! Un éclat de la foudre ayant de nouveau brûlé ses yeux, le perfide Mercuçe a profité du désordre et de la terreur où nous étions pour l'enlever en se moquant de nous.
CHRÉMYLE
Ah 1 c’est un grand malheur ; mais tout n’est pas perdu, puisqu’il me laisse beaucoup d’or et d’argent...