‹ Théâtre de NohantChapitre 82 sur 208 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, LA PAUVRETÉ.

LA PAUVRETÉ

Tout cela est perdu, Chrémyle. Pendant que vous couriez tous au temple, ta femme, effrayée de l’orage et craignant

LE DIEU PLUTÜS

courroux des dieux, s’est hâtée de jeter tous tes trésors dans le fleuve. Les Ilots emportent maintenant à la mer tes richesses d’un jour.

CHRÉMYLE

O imbécile de femme !

MYRTO

Mon père, elle a bien agi ; elle a désarmé Jupiter et préservé votre. tête de la foudre.

BACTIS.

Chrémyle, il te faut prendre courage ; nous recommencerons tous à travailler.

CHRÉMYLE

Il le faut bien ; allons, enfants, à l’ouvrage ! Tâchons de courir après nos gerbes et de sauver ce qui nous reste.

BACTIS.

Allons I

LA PAUVRETÉ, 1’arrctant.

Non, pas toi, si le cœur ne t’en dit pas, car tu es libre.

CHRÉMYLE

Libre ?

Plus que libre ! Il est citoyen de l’Attique !

MYRTO

O dieux immortels ! Comment le sais-tu?

LA PAUVRETÉ

En ce moment, le sénat prend une décision dont l’histoire gardera le souvenir. Voulant, à ce qu’il semble, humilier l’orgueil de certains riches, qui n’ont envoyé à la flotte que leurs esclaves, et désirant encourager les braves quels qu’ils soient, les magistrats d’Athènes m’ont interrogée, et, sur ma réponse, ils ont rendu un décret qui élève à la dignité de citoyens tous ceux dont les noms sont inscrits sur la voile triomphale du combat des Arginuses.

myrto, k Bactis.

Hélas ! tu vas nous quitter ?

Page 1