ACTE IV, SCENE VI. l8j
De bien penfer à toy quand j'eus lu cette lettre: Mais tu n'y perdras rien & voicy pour le port.
SABINE
Ne croyez pas Monfieur....
DORANTE
Tien.
SABINE
Vous me faites tort.
Je ne fuis pas de....
rE
Pren.
SABINE
Hé,
Monfieur.
Pren, te dy-je, Je ne fuis point ingrat alors que l'on m'oblige. Dépefche, ten la main.
c lit on .
Qu'elle V fait de façons !
Je luy veux par pitié donner quelques leçons.
Chère amie, entre nous, toutes tes révérences En ces occafions ne font qu'impertinences, Si ce n'eft affez d'une ouvre toutes les deux,
l86 LE MENTEUR.
Le métier que tu fais ne veut point de honteux.
Sans te piquer d'honneur, croy qu'il n'eftque de prendre
Et que tenir vaut mieux mille fois que d'attendre.
Cette pluye eft fort douce, & quand j'en voy pleuvoir,
J'ouvrirois jusqu'au cœur pour la mieux recevoir.
On prend à toutes mains dans le fîécle où nous fommes,
Et refufer n'eft plus le vice des grands hommes.
Retien bien ma doctrine, & pour faire amitié,
Si tu veux, avec toy je feray de moitié.
SABINE
Cet article eft de trop.
DORANTE
Vois-tu, je me .propofe De faire avec le temps pour toy toute autre chofe. Mais comme j'ay reçeu cette lettre de toy, En voudrois-tu donner la réponfe pour moy?
Je la donneray bien, mais je u'ofe vous dire
Que ma maîtrefïe daigne, ou la prendre, ou la lire ;
J'y feray mon effort.
Voyez, elle fe rend Plus douce qu'une époufe, & plus fouple qu'un gand.
DORANTE
Le fecret a joué. Prefente-la, n'importe,