‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 133 sur 277 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DORANTE, CLITON

Dorante paroit écrivant dans une pr if on, & h Geôlier ouvrant la porte à Cliton, & le luy montrant.

Ah! Monfieur, c'eft donc vous?

DORANTE

Cliton, je te revoy !

CLITON*

Je vous trouve, Monfieur, dans la maifon du Roy! Quel charme, quel défordre, ou quelle raillerie Des prifons de Lyon fait voftre hoftellerie?

DORANTE

Tu le fçauras tantoft, mais qui t'amène icy ?

CLITON

Les foins de vous chercher.

DORANTE

Tu prens trop de foucy, Et bien qu'après deux ans ton devoir s'en avife, Ta rencontre me plaift, j'en aime la furprife, Ce devoir, quoy que tard, enfin s'eft éveillé.

Et qui fçavoit, Monfieur, où vous étiez allé?

Vous ne nous témoigniez qu'ardeur, & qu'allegrefTe,

Qu'impatiens defirs de pofféder Lucrèce,

L'argent étoit touché, les accords publiez,

Le festin commandé, les parens conviez,

Les violons choifis, ainfi que la journée,

Rien ne fembloit plus feur qu'un fi proche Hyménée,

Et parmy ces apprefts, la nuit d'auparavant

Vous fçeuftes faire gille, & fendiftes le vent.

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