‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 162 sur 277 · SCENE VIL DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCENE VIL DORANTE, CLITON

DORANTE

Vien, Gliton, & regarde. Eft-elle vieille ou laide? Voit-on des yeux plus vifs? voit-on des traits plus dou;

Je fuis un peu moins dupe, & plus fufté que vous ? C'eft un leurre, Monfieur, la cliofe eft toute claire, Elle a fait tout du long les mines qu'il faut faire.

On amorce le monde avec de tels" portraits, Pour les faire furprendre, on les apporte exprès, On s'en fafche, on fait bruit, on vous les redemande, Mais on tremble toujours de crainte qu'on les rende, Et pour dernière adreffe une telle beauté Ne fe voit que de nuit, & dans l'obscurité, De peur qu'en un moment l'amour ne s'estropie -A voir l'original fi loin de fa copie. Mais biffons ce discours qui peut vous ennuyer, Vous feray-je venir l'Orfèvre prifonnier?

DORANTE

Simple, n'as-tu point veu que c'étoit une feinte, Un effet de l'amour dont mon ame eft atteinte?

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