ACI E II , SCBM R VI
LYSE
Le faut-il demander?
Et doutez-vous fi c'eft ma maitrefle elle-mefmc ?
Quoy, celle qui m'écrit?
LYSE
Ouy, celle qui vous aime.
A l'aimer tant foit peu, vous l'auriez deviné.
DORANTE
Un fi rare bonheur ne m'eft pas destiné, Et tu me veux flater par cette fauffe joye.
Quand je dy vray, Monfieur, je prétens qu'on me croye. Mais je m'amufe trop, l'Orfèvre eft loin d'icy, Donnez-moy, je perds temps.
DORANTE
Laiffe-moy ce foucy, Nous avons un Orfèvre arrêté pour fes debtes, Qui fçaura tout remettre au point que tu fouhaites.
LYSE
Vous m'en donnez, Monfieur.
DORANTE
Je te le feray voir.
LYSE
A-t'il la main fort bonne?
DORANTE
Autant qu'on peut l'avoir.
Sans mentir?
DORANTE
Sans mentir.
CLITOK,
Il elt trop jeune, il n'ofe.
LYSE
Je voudrois bien pour vous faire ky quelque chofe, Mais vous le montrerez.
DORANTE
Non, à qui que ce foit.
LYSE
Vous me ferez chaffer fi quelqu' autre le voit.
DORAXTE.
Va, dors en feureté.
LYSE
Mais enfin à quand rendre?
,CEXE VI. 277
DORANTE
Dès demain.
Demain donc je viendray le reprendre, Je ne puis me réfoudre à vous defobliger.
c lit on à Dorante, puis à Lyfe.
Elle fe met pour vous en un très-grand danger. Dirons-nous rien nous deux?
LYSE
Non.
CLITON
Comme tu méprîtes !
LYSE
Je n'ay pas le loifir d'entendre tes fottifes.
c LIT ON.
Avec cette rigueur tu me feras mourir.
LYSE
Peut-eftre à mon retour je fçauray te guérir, Je ne puis mieux pour l'heure, Adieu.
Tout me fuccéd*.
2j8 LA SUITE DU MENTEUR