ACTE IV, SCliNE III. 3I
MELISSE.
Sans jamais l'avoir veu, je connoy fon courage : Qu'importe après cela quel en foit le vifage? Tout le reste m'en plaift, fi le cœur en eft haut, Et fi l'ame eft parfaite, il n'a point de défaut. Ajoutez que vous-mefme après voftre avanture Ne m'en avez pas fait une laide peinture; Et comme vous devez vous y connoiftre mieux, Je m'en rapporte à vous, & choifis par vos yeux. N'en doutez nullement, je l'aimeray, mon frère, Et fi ces foibles traits n'ont point dequoy luy plaire, S'il aime en autre lieu, n'en appréhendez rien, Puisqu'il eft généreux, il en ufera bien.
CLEANDRE.
Quoy qu'il en foit, ma fceur, foyez plus retenue Alors qu'à tous momens vous ferez à fa veuë, Voftre amour me ravit, je veux le couronner, Mais fouffrez qu'il fe donne, avant que vous donner. Il fortira demain, n'en foyez point en peine, Adieu, je vais une heure entretenir Climéne.