ACTE V, SCENE IV
Tant que je pourray voir quelque lieu d'espérer. Ouy, Madame, fouffrez que cet amour perfiste, . Tant que l'Hymen engage, ou Méliffe, ou Philiste. Jusque-là les douceurs de voftre fouvcnir Avec un peu d'espoir fçauront m'entretenir : J'en jure par vous-mefme, & ne fuis pas capable D'un ferment, ny plus faint, ny plus inviolable. Mais j'offence Philiste avec un tel ferment, Pour guérir vos foupçons je nuis à voftre Amant, J'effaceray ce crime avec cette prière.
Si vous devez le cœur, à qui vous fauve un frère, Vous ne devez pas moins au généreux fecours Dont tient le jour celuy qui conferva fes jours, Aimez en ma faveur un amy qui vous aime, Et poffédez Dorante en un autre luy-mefme.
Adieu, contre vos yeux c'eft affez combatu, Je fens à leurs regards chanceler ma vertu, Et dans le triste état où mon ame eft réduite Pour fauver mon honneur, je n'ay plus que la fuite.