VALENS, MARCELLE, PAULIN, STEPHANIE
MARCELLE
Jusques à quand, Seigneur, voulez-vous qu'abufée
Au mépris d'un ingrat je demeure expofée, Et qu'un fils arrogant fous voftre authorité Outrage voftre femme avec impunité?
Sont-ce là les douceurs, font-ce là les careffes, Qu'en faifoient à ma fille espérer vos promeffes, Et faut-il qu'un amour conçeu par voftre aveu Luy coûte enfin la vie, & vous touche fi peu?
Plùft aux Dieux que mon fang euft dequoy fatisfaire Et l'amour de la fille, & l'espoir de la mère, Et qu'en le répandant je luy pûiTe gagner Ce cœur dont l'infolence ofe la dédaigner. Mais de fes volontez le Ciel eft le feul maiftre, J'ay promis de l'amour, il le doit faire naiftre, Si fon ordre n'agit, l'effet ne s'en peut voir, Et je penfe eftre quitte, y faifant mon pouvoir.
MARCELLE
Faire voftre pouvoir avec tant d'indulgence,
C'eft avec fon orgueil eftre d'intelligence.
Audi-bien que le fils le père m'eft fuspect,
Et vous manquez de foy, comme luy de respecL
Ah ! fi vous déployiez cette haute puiffance
Que donnent aux parens les droits de la naiffance...
Si la haine & l'amour luy doivent obéir,
Déployez-la, Madame, à le faire haïr.
Quel que foit le pouvoir d'un père en fa famille,