ACTE IV, SCENE III
PLACIDE
Soufpirer du bonheur que le Ciel me renvoyé 1
PAULIN
Je ne voy pas pour vous de grands fujets de joye.
placide .
Qu'on la banniffe, ou non, je la verray toujours.
PAULIN
Quel fruit de cette veuc espèrent vos amours?
Le temps adoucira cette ame rigoureufe.
PAULIN
Le temps ne rendra pas la voftre plus heureufe.
PLACIDE
Sans doute elle aura peine à me biffer périr.
PAULIN
Qui le peut espérer devoit la fecourir.
placide.
Marcelle a fait pour moy tout ce que j'ay dû faire.
PAULIN
Je n'ay donc rien à dire, & dois icy me taire.
PLACIDE
Non non, il faut parler avec fincérité, Et louer hautement fa générofité.
Si vous me l'ordonnez, je loûray donc fa rage. Mais depuis quand, Seigneur, changez-vous de courage? Depuis quand pour vertu prenez-vous la fureur? Depuis quand louez-vous ce qui doit faire horreur?
PLACIDE
Ah, je tremble à ces mots, que j'ay peine à comprendn
PAULIN
Je ne fçais pas, Seigneur, ce qu'on vous fait entendre, Ou quel puiffant motif retient voftre couroux, Mais Théodore enfin n'eft plus digne de vous.
PLACIDE
Quoy, Marcelle en effet ne l'a pas garantie?
PAULIN
A peine d'avec vous, Seigneur, elle eft fortie, Que l'ame toute en feu, les yeux étincelants, Rapportant elle-mefme un ordre de Valens, Avec trente foldats elle a faifi la porte, Et tirant de ce lieu Théodore à main forte...
PLACIDE
O Dieux ! jusqu'à fes pieds j'ay donc pu m'abaiffer,