SCENE III
CLEOBULE, DIDYME, PAULIN.
CLEOBULE.
Ce n'eft point, cher amy, le cœur troublé d'alarmes, Que je t'attens icy pour te donner des larmes, Un astre plus bénin vient d'éclairer tes jours, Il faut vivre, Didyme, il faut vivre.
DIDYME
Et j'y cours, Pour la caufe de Dieu s'offrir en facrifice, C'eft courir à la vie & non pas au fupplice.
Peut eftre dans ta Se&e eft-ce une vifion, Mais l'heur que je t'apporte eft fans illuûon. Théodore eft à toy, ce dernier témoignage Et de ta paffion & de ton grand courage, A fi bien en amour changé tous fes mépris, Qu'elle t'attend chez moy pour t'en donner le prix.
Que me fert fon amour & fa reconnoiffance, Alors que leur effet n'eft plus en fa puiffance, Et qui t'amène icy par ce frivole attrait Aux douceurs de ma mort méfier un vain regret.