‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 267 sur 277 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les pouffer par ma plainte à le favori fer,

A plaindre fon malheur en blafmant fon audace,

Céfar mefme pour luy me demandera grâce,

Et cette illufion de ma févérité

Augmentera ma gloire & mon authorité.

Et s'il ne peut fauver cet objet qu'il adore? Si Marcelle à fes yeux fait périr Théodore?

Marcelle aura fans moy commis cet attentat, J'en fçauray près de luy faire un crime d'Etat, A fes refTentimens égaler ma colère, Luy promettre vengeance & trancher du févére, Et n'ayant point de part en cet événement, L'en confoler en père un peu plus aifément. Mes foins avec le temps pourront tarir fes larmes.

Seigneur, d'un mal fi grand c'eft prendre peu d'alarmes,

Placide eft violent, & pour la fecourir,

Il périra luy-mefme ou fera tout périr.

Si .Marcelle y fuccombe, appréhendez fon frère,

Et G Placide y meurt, les déplaifirs d'un père.

De grâce prévenez ce funeste hazard.

Mais que voy-je? peut eftre il eft déjà trop tard,

Stéphanie entre icy de pleurs toute trempée.

Théodore à Marcelle eft fans doute échapée, Et l'amour de Placide a bravé fon effort.

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