PHILIPPE
Tout couvert de fon fang & plus mort que luy-mefme,
Après avoir cent fois maudit le Diadème,
Madame, j'ay porté mes pas & mes fanglots
Du cofté que le vent pouffoit encor les flots.
Je cours long-temps en vain, mais enfin d'une roche
J'en découvre le tronc vers un Sable affez proche,
Où la vague en couroux fembloit prendre plaifir
A feindre de le rendre & puis s'en reflaifir.
Je m'y jette & l'embraffe, & le pouffe au rivage,
Et ramaffant fous luy le débris d'un naufrage,
Je luy drefle un bûcher à la hafte, & fans art,
Tel que je pus fur l'heure, & qu'il plût au hazard.
A peine brufloit-il que le Ciel plus propice
M'envoye un compagnon en ce pieux office,