‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 45 sur 277 · ACTE V, SCL.NL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCL.NL

Cordus, un vieux Romain qui demeure en ces lieux

Retournant de la ville y détourne les yeux,

Et n'y voyant qu'un tronc dont la tefte eft coupée,

A cette triste marque il reconnoit Pompée.

Soudain la larme à l'œil, 6 toy, qui que tu fois,

A qui le Ciel permet de fi dignes emplois,

Ton fort eft bien, dit-il, autre que tu ne penfes,

Tu crains des chàtimens, atten des recompenfes,

Céfar ejl en Egypte, & venge hautement

Celuy pour qui ton \èle a tant defentiment.

Tu peux faire éclater les foins qu'on t'en voit prendre,

Tu peux mefme à fa vefve en reporter la cendre,

Son vainqueur l'a reçeue avec tout le respeâ

Quun Dieu pourroit icy trouver à fon aspeâ.

Achève, je reviens. Il part & m'abandonne,

Et rapporte auflî-toft ce vafe qu'il me donne,

Où fa main & la mienne enfin ont renfermé

Ces restes d'un Héros par le feu confumé.

CORNELIE.

O que fa piété mérite de louanges I

Page 1