‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 8 sur 277 · SCENE IL PTOLOMEE, PHOTIN · texte numérisé non relu

SCENE IL PTOLOMEE, PHOTIN

PTOLOMEE.

Photin, ou je me trompe, ou ma fœur eft déçeuë,

De l'abord de Pompée elle espère autre iffuë;

Sçachant que de mon père il a le testament,

Elle ne doute point de fon couronnement,

Elle fe croit déjà fouveraine maitreffe

D'un fcéptre partagé que fa bonté luy laiffe,

Et fe promettant tout de leur vieille amitié

De mon trofne en fon ame elle prend la moitié,

Où de fon vain orgueil les cendres rallumées

Pouflent déjà dans l'air de nouvelles fumées.

Seigneur, c'eft un motif que je ne difois pas

Qui de voit de Pompée avancer le trépas.

Sans doute il jugeroit de la fceur & du frère

Suivant le testament du feu Roy voftre père,

Son hofte & fon amy, qui l'en daigna faifir,

Jugez après cela de voftre déplaifir.

Ce n'eft pas que je veuille, en vous parlant contre elle

Rompre les facrez nœuds d'une amour fraternelle,

Du Trofne & non du cœur je la veux éloigner,

Car c'eft ne régner pas qu'eftre deux à régner.

Un Roy qui s'y réfout eft mauvais Politique,

11 détruit fon pouvoir quand il le communique,

Et les raifons d'Etat... Mais, Seigneur, la voicy.

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