SCENE IL PTOLOMEE, PHOTIN
PTOLOMEE.
Photin, ou je me trompe, ou ma fœur eft déçeuë,
De l'abord de Pompée elle espère autre iffuë;
Sçachant que de mon père il a le testament,
Elle ne doute point de fon couronnement,
Elle fe croit déjà fouveraine maitreffe
D'un fcéptre partagé que fa bonté luy laiffe,
Et fe promettant tout de leur vieille amitié
De mon trofne en fon ame elle prend la moitié,
Où de fon vain orgueil les cendres rallumées
Pouflent déjà dans l'air de nouvelles fumées.
Seigneur, c'eft un motif que je ne difois pas
Qui de voit de Pompée avancer le trépas.
Sans doute il jugeroit de la fceur & du frère
Suivant le testament du feu Roy voftre père,
Son hofte & fon amy, qui l'en daigna faifir,
Jugez après cela de voftre déplaifir.
Ce n'eft pas que je veuille, en vous parlant contre elle
Rompre les facrez nœuds d'une amour fraternelle,
Du Trofne & non du cœur je la veux éloigner,
Car c'eft ne régner pas qu'eftre deux à régner.
Un Roy qui s'y réfout eft mauvais Politique,
11 détruit fon pouvoir quand il le communique,
Et les raifons d'Etat... Mais, Seigneur, la voicy.