‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 122 sur 254 · SCENE VIL HORACE, SABINE, PROCULE · texte numérisé non relu

SCENE VIL HORACE, SABINE, PROCULE

SABINE

A quoy s'arrête icy ton illustre colère? Vien voir mourir ta fœur dans les bras de ton père, Vien repaiftre tes yeux d'un fpe&acle fi doux, Ou fi tu n'es point las de ces généreux coups, Immole au cher païs des vertueux Horaces Ce reste malheureux du fang des Curiaces, Si prodigue du tien n'épargne pas le leur, Joins Sabine à Camille, & ta femme à ta fceur. Nos crimes font pareils ainfi que nos miféres, Je foufpire comme elle, & déplore mes frères, Plus coupable en ce point contre tes dures loix, Qu'elle n'en pleuroit qu'un, & que j'en pleure trois, Qu'après fon châtiment ma faute continue.

Sèche tes pleurs, Sabine, ou les cache à ma veuë,

Ren-toy digne du nom de ma chaste moitié,

Et ne m'accable point d'une indigne pitié.

Si l'abfolu pouvoir d'une pudique flame

Ne nous laide à tous deux qu'un penfer & qu'une ame.

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