‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 169 sur 254 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Sont les devoirs d'un Prince en cette conjoncture. Tout fon peuple eft bleffé par un tel attentat, Et la feule penfée eft un crime d'Etat, Une offence qu'on fait à toute fa Province, Dont il faut qu'il la venge, ou ceffe d'eftre Prince.

LIVIE

Donnez moins de croyance à voftre paffion.

AUGUSTE

Ayez moins de foibleffe, ou moins d'ambition.

LIVIE

Ne traitez plus fi mal un confeil falutaire.

AUGUSTE

Le Ciel m'inspirera ce qu'icy je dey faire, Adieu, nous perdons temps.

Je ne vous quitte point, Seigneur, que mon amour n'aye obtenu ce point.

AUGUSTE

C'eft l'amour des grandeurs qui vous rend importune.

LIVIE

J'aime voftre perfonne & non voftre fortune. Elle eft feule.

Il m'échape, fuivons, & forçons-le de voir

Qu'il peut en faifant grâce affermir fon pouvoir, Et qu'enfin la clémence eft la plus belle marque Qui faffe à l'Univers connoiftre un vray Monarque.

Page 1