‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 170 sur 254 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

JEMILIE, FULVIE.

D'où me vient cette joye, & que mal à propos

Mon esprit malgré moy goufte un entier repos!

Céfar mande Cinna fans me donner d'alarmes I

Mon cœur eft fans foufpirs, mes yeux n'ont point de larme

Comme fi j'apprenois d'un fecret mouvement

Que tout doit fuccéder à mon contentement !

Ay-je bien entendu? me l'as-tu dit, Fulvie?

J'avois gagné fur luy qu'il aimeroit la vie, Et je vous l'amenois plus traitable & plus doux Faire un fécond effort contre voftre couroux. Je m'en applaudiffois, quand foudain Polycléte, Des volontez d'Auguste ordinaire interprète, Eft venu l'aborder, & fans fuite, & fans bruit, Et de fa part fur l'heure au Palais l'a conduit. Auguste eft fort troublé, l'on ignore la caufe, Chacun diverfement foupçonne quelque chofe, Tous prefument qu'il aye un grand fujet d'ennuy,

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