ACTE I, SCENE III
La vifion de foy peut faire quelque horreur,
Mais non pas vous donner une juste terreur.
Pouvez-vous craindre un mort ? pouvez-vous craindre un père,
Qui chérit voftre époux, que voftre époux révère,
Et dont le juste chois vous a donnée à luy
Pour s'en foire en ces lieux un ferme & feur appuy ?
PAULINE
Il m'en a dit autant, & rit de mes alarmes,
Mais je crains des Chrétiens les complots & les charmes,
Et que fur mon époux leur troupeau ramaffé
\Te venge tant de fang que mon père à verfé.
STRA TONICE.
Leur féete eft infenfée, impie, & facrilége,
Et dans fon facrifice ufe de fortilége ;
Mais fa fureur ne va qu'à brifer nos Autels,
Elle n'en veut qu'aux Dieux, & non pas aux Mortels,
Quelque fé vérité que fur eux on déployé,
Ils fou firent fans murmure, & meurent avec joye,
Et depuis qu'on les traite en criminels d'Etat,
On ne les peut charger d'aucun afTaffinat.
PAULINE
Tay-toy, mon père vient.
3"o POLYF.UCTE.