‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 202 sur 254 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

J'impute à mon malheur toute la trahifon : Un peu moins de fortune, & plûtoft arrivée Euft gagné l'un & l'autre, & me l'euft confervée, Trop heureux, mais trop tard, je n'ay pu l'acquérir, LaiiTe-la mo)T donc voir, foufpirer, & mourir.

FABIAN

Ouy, je vay l'affeurer qu'en ce malheur extrême Vous êtes affez fort pour vous vaincre vous-mefme. Elle a craint comme moy ces premiers mouvemeus Qu'une perte impréveuë arrache aux vrais Amants Et dont la violence excite affez de trouble, Sans que l'objet prefent l'irrite & le redouble.

SEVERE

Fabian, je la voy.

FABIAX.

Seigneur, fouvenez-vous...

SEVERE

Hélas, elle aime un autre, un autre eft fon époux.

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