ACTE IV, SCENE II
Que cependant Félix m'immole à ta colère, Qu'un rival plus puiflant ébloùiffe fes yeux, Qu'aux dépens de ma vie il s'en fafle beau-pére, Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je confens, ou plûtoft j'aspire à ma ruine.
Monde, pour moy tu n'as plus rien,
Je porte en un cœur tout Chrétien
Une fiame toute divine,
Et je ne regarde Pauline
Que comme un obstacle à mon bien.
Saintes douceurs du Ciel, adorables idées, Vous rempliiTez un cœur qui vous peut recevoir, De vos facrez attraits les âmes pofTédées Ne conçoivent plus rien qui les puiffe émouvoir. Vous promettez beaucoup & donnez davantage, Vos biens ne font point inconstants, Et l'heureux trépas que j'attens Ne vous fert que d'un doux paflage Pour nous introduire au partage Qui nous rend à jamais contens.
C'eft vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre, Qui m'allez faire voir Pauline lans la craindre.
Je la voy, mais mon cœur d'un faint zélé enflamé, N'en goufte plus l'appas dont il étoit charmé; Et mes yeux éclairez des célestes lumières Ne trouvent plus aux fiens leurs grâces coutumiéres.
POLVEUCTE.