‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 30 sur 254 · CIII MENE · texte numérisé non relu

CIII MENE

Sire, Sire, justice !

Ah ! Sire, écoutez-nous.

CHIM.ENE.

Je me jette à vos pieds.

D. DIEGUE

J'embrafle vos genoux.

C HI MENE

Je demande justice.

D. DIEGUE

Entendez ma défence.

CHIMENE

D'un jeune audacieux puniiïez l'infolence. Il a de voftre fcéptre abatu le foûtien, Il a tué mon père.

D. DIEGUE

Il a vengé le fien.

CHIMENE

Au fang de fes Sujets un Roy doit la justice

D. DIEGUE

Pour la juste vengeance il n'eft point de fupplice.

D. FERNAN'D

Levez-vous l'un & l'autre & parlez à loifir. Chiméne, je prens part à voftre déplaifir, D'une égale douleur je fens mon ame atteinte. Vous parlerez après, ne troublez pas fa plainte.

CHIMENE

Sire, mon père eft mort, mes yeux ont veu fon fang Couler à gros bouillons de fon généreux flanc, Ce fang qui tant de fois garantit vos murailles, Ce fang qui tant de fois vous gagna des batailles, Ce fang qui tout forty fume encor de couroux De fe voir répandu pour d'autres que pour vous, Qu'au milieu des hazards n'ofoit verfer la guerre, Rodrigue en voftre Cour vient d'en couvrir la Terre.

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