‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 32 sur 254 · ACTE II, SCENE VIII. I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII. I

Si montrer du courage & du reffentiment, Si venger un foufflet mérite un châtiment, Sur moy feul doit tomber l'éclat de la tempefte : Quand le bras a failly l'on en punit la tefte. Qu'on nomme crime, ou non, ce qui fait nos débats, Sire, j'en fuis la tefte, il n'en eft que le bras; Si Chiméne fe plaint qu'il a tué fon père, Il ne l'euft jamais fait, fi je l'euffe pu faire. Immolez donc ce Chef eue les ans vont ravir, Et conferve? pour vous le bras qui peut fe^vir, Aux dépens de mon fang fatisfaites Chiméne, Je n'y refiste point, je confens à ma peine, Et loin de murmurer d'un rigoureux décret, Mourant fans deshonneur, je mourray fans regret.

D. FERNAND

L'affaire eft d'importance, 8c bien confiderée Mérite en plein Confeil d'eftre délibérée.

Don Sanche remettez Chiméne en fa maifon, Don Diégue aura ma Cour, & fa foy pour prifon. Qu'on me cherche fon fils. Je vous feray justice.

CHIMENE

Il eft juste, grand Roy, qu'un meurtrier périffe.

D. FERNAND

Pren du repos, ma fille, & calme tes douleurs.

CHIMENE

M'ordonner du repos c'eft croiftre mes malheurs. Fin du fécond Aâe.

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