‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 44 sur 254 · D. DIEGUE, D. RODRIGUE · texte numérisé non relu

D. DIEGUE, D. RODRIGUE

D. DIEGUE

Rodrigue, enfin le Ciel permet que je te voye!

D. RODKIGUE.

Hélas!

Ne méfie point de foufpirs à ma joye, Laiffe-moy prendre haleine afin de te louer. Ma valeur n'a point lieu de te défavoùer, Tu l'as bien imitée, & ton illustre audace Fait bien revivre en toy les Héros de ma race. C'eft d'eux que tu descens, c'eft de moy que tu viens, Ton premier coup d'épée égale tous les miens, Et d'une belle ardeur ta jeuneffe animée Par cette grande épreuve atteint ma renommée. Appuy de ma vieilleffe, & comble de mon heur, Touche ces cheveux blancs à qui tu rens l'honneur, Vien baifer cette joue, & reconnoy la place Où fut empreint l'affront que ton courage efface.

D. RODRIGUE

L'honneur vous en eft deu, je ne pouvois pas moins, Etant forty de vous & nourry par vos foins;

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