‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 81 sur 254 · IO · texte numérisé non relu

IO

Enfin noftre bonheur eft-il bien affermy?

T'a-t'il veu comme gendre, ou bien comme ennemy

eu RI A CE.

Il m'a veu comme gendre avec une tendreffe Qui témoignoit affez une entière allégreffe, Mais il ne m'a point veu par une trahifon Indigne de l'honneur d'entrer dans fa maifon. Je n'abandonne point l'intéreft de ma ville, j'aime encor mon honneur en adorant Camille; Tant qu'a duré la guerre on m'a veu constamment AuOi bon citoyen que véritable Amant, D'Albe avec mon amour j'accordois la querelle, Je foufpirois pour vous en combatant pour elle, Et s'il falloit encor que l'on en vinft aux coups, ^e combatrois pour elle en foufpirant pour vous. Ouy, malgré les defirs de mon ame charmée, Si la guerre duroit, je ferois dans l'Armée : C'eft la Paix qui chez vous me donne un libre accès, La Paix à qui nos feux doivent ce beau fuccès.

CAMILLE

La Paix ! & le moyen de croire un tel miracle ?

JULIE

Camille, pour le moins croyez-en voftre Oracle, Et fçachons pleinement par quels heureux effets L'heure d'une bataille a produit cette paix.

eu RI ACE.

L'auroit-on jamais crû ! Déjà les deux Armées D'une égale chaleur au combat animées

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