‹ Théatre de PicardChapitre 114 sur 406 · ACTE H, SCÈNE XV. i · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE XV. i

MADAME DURVILLE

En êtes-vous donc réduit à cette extrémité"? ^^'e>t-il aucun moyen de conserver votre honneur?

DTK VILLE.

Mon honneur I

DUHAUTGOUnS.

Croyez-vous donc qu'il soit compromis parce que Durville est malheureux?

DURVILLE

Est-ce ma faute, si de tous côtés j'éprouve des pertes alFreuses?

DUHAUTCOURS-.

Oue madame me permette une seule petite réflexion. Voyez autour de nous, dans la société, Cléon, Dnmis, Sainville, Monval et tant d'autres : sont-ils déshonoré> par leur infortune? >je sont-ils pas accueillis, fêtés, recherchés? Pourquoi? C'est que le malheur a des droits sacrés, et qu'on respecte en eux riionorablc adversité.

DURVILLE

Cessez donc, madame, de me gratilier de voire pitié et de craindre pour mon honneur.

M.4.DAME DURVIÎ.LE.

Pardon, mon ami, je n'ai pas eu l'intention du vous oilénser; mais le mot de faillite est bien cruel, et je Iremble-que le monde...

DURVILLE

Mais ma justiiicalion est toute prèle.

DUHAUTCOURS.

Sans doute; l'actif est inliuiment supérieur au passif.

M.VDAME DURVILLE.

En ce cas, pourquoi prendre un parti si déterminé? Demandez des délais.

148 DUHALTCÛLRS

DUHArTGOURS.

Des délais! y pensez- vous, madame? Il faudrait toujours finir par payer; et payera-t-on monsieur?

DL'RVILLE.

Point d'inquiétude, ma bonne amie. Tenez, les femmes doivent s'en rapporter à leurs maris ; surtout gardezvous de laisser paraître le moindre trouble pendant la fête que nous donnons.

Page 1