‹ Théatre de PicardChapitre 126 sur 406 · ACTE III, SCKXE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCKXE VII

sieur, cet ami si digne de ce Ijcaii nom, qui, à la première nouvelle de mon désastre, a abandonné son pays, son état, sa famille, a fait un voyage de deux cents lieues, pour m'arraclier au malheur qui me menaçait.

FRANVAL

Votre fille n'est-elle pas ma filleule ? n'êtes-vous pas mon ami? je vous devais cela. Ce que je fais pour vous, vous l'auriez fait pour moi, n'est-ce pas? Vite des chevaux de poste, et me voilà. La conduite de M. Durville avec vous est bien plus faite pour étonner. C'est monsieur, je crois; eh bien, je ne m'en dédis pas. Vous êtes riche, je le savais avant d'arriver à Paris. Le train de votre maison, l'éclat de votre mobilier, ne démentent pas l'opinion que j'avais de votre fortune. Eh bien, comment se fait-il que vous soyez le plus impitoyable des créanciers de Delorme? et pour combien? pour une somme de deux mille écus. (a Deiormc.) N'est-ce pas deux mille écus que vous lui devez, (a DoiiiU'.) Corbleu! cela n'est pas bien, permettez-moi de vous le dire. Il y a des débiteurs de mauvaise foi, je le sais; il y a des étourdis, des ignorants qui font mal leurs affaires, parce qu'ils n'y entendent rien. Pour ceux-là, je a'^ous aiderais à les poursuivre ; mais vous avez trop de discernement pour confondre un honnête homme, un bon négociant, avec des fripons ou des imbéciles.

DURVILLK.

Monsieur, j'admire sans doute le dévouement avec lequel vous offrez de payer pour M. Delorme ; mais avant de me blâmer, il faudrait que vous fussiez instruit...

DUHAUTCOURS.

C'est qu'il est inconcevable qu'un inconnu vienne insulter les gens...

FRANVAL

Moi, je n'insulte personne, et je ne suis pas un inconnu pour M. Durvillo. Je suis Franval.

l.SK DrHALTCULHS.

DURVILLE

Frauval !

FRANYAL,

Commerçant de Marseille.

DUHAUTGOURS, à Dui-ville.

Précisément le créancier que je craignais. Allons, mon ami, de la tête et du front. Je suis là.

DIHVU.LE.

Ah! monsieur, pardon, si je...

KRANVAL.

Point d'excuse. Je vous ai dit ma façon de penser. Tant mieux pour vous si ma franchise a fait quelque impression sur votre esprit ; parlons d'affaires. Je me charcre de la dette de Delorme. Vous allez me donner votre acquit de la somme qu'il vous doit, à-compte de celle de cinquante mille francs que vous me devez, dont j'ai votre acceptation payal)le aujourd'hui, et que vous allez me compter sur-le-cliamp, s'il vous plaît. Dépêclions-nous, j'ai hâte, et j'ai besoin de cet argent pour satisfaire les autres créanciers de mon ami.

DURVILLE

Monsieur, je suis fâché...

FRANV.U..

De quoi? cette proposition est simple, et vous ne pouvez, je pense, hésiter.

DURVILLE

Piirdonnez-moi, monsieur, mais...

FRANVAL

Cumment. i! n'y a pas de mais... donnez-moi ciuquante mille IVancs A'oilà vos billets.

DURVILLE

Gela n'est plus possible.

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