‹ Théatre de PicardChapitre 127 sur 406 · ACTE III, SCENE VU. loi · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VU. loi

FRANVAL

Comment?

DURVILLE

Vous ignorez apparemment...

FRANVAL

Quoi donc?

DUR VILLE

Les malheurs, les perles, les circonstances m'ont forcé à prendre un parti cruel.

FRANVAL

Plaît-il?

DURVILLE

J'ai déposé mon bilan aujoui'd'liui.

DELr)RM!'',.

Ail ! mon Dieu!

FRANVAL

Vous avez déposé votre bilan !

DUHAUTCOLRS.

Oui, monsieur, notre bilan est déposé. C'est le brait public à présent. Il est étonnant que vous l'ignoriez.

DTTRVILLE.

Personne ne souffre plus (jui^ moi de cette atl'reuse calamité.

FRANVAL

Eh bien, remerciez-moi donc, mon cher Delorme, d'avoir fait le voyage pour vous. C'est plutôt à moi à vous remercier; sans votre accident, je restais à Marseille, et monsieur que voilà arrangeait si bien ses affaires que je perdais mes cinquante mille francs.

DELORME

Quel malheur pour vous!

FRANVAL, fort en coIiti;.

Corbleu!.., (s'apaisam lout à coup.) J'allais me fâcher, cela ne me vaut rien. Ah! vous avez déposé votre bilan. En

160 DUHAUTCOUH^.

voilà donc encore une : ce qui m'en plaît, c'est que cela ne vous a pas empêché de donner une fête superbe Mer.

DUHAUTCOURS.

C'est une nouvelle affreuse qui nous est arrivée ce matin, un coup de foudre.

FRANVAL

Pauvres gens ! un coup de foudre ! cela arrive toujours comme cela. Je ne vous reprocherai pas non plus d'avoir, au moment où vous alliez manquer vous-même, poursuivi avec acharnement un débiteur malheureux qui ne vous demandait que du temps, sans aucun sacrifice dont il eût à rougir. Vous me répondriez que c'est précisément ce qui prouve la nécessité de votre opération.

DUHAUTCOURS.

En effet, comment payer nos créanciers, quand nos débiteurs ne nous payent pas'?

FRANVAL

C'est tout simple. Un seul mot, honnête et malheureux Durville ; on verra ce bilan. Avez-vous bien pris toutes vos précautions? Avez-vous bien clairement détaillé toutes les pertes, toutes les spéculations malheureuses dont vous êtes la victime?

DUH.VUTCOURS.

■Nous sommes on règle, monsieur.

FRANVAL

Je n'en doute. Par conséquent, il sera facile de suivre la trace des cinquante mille francs que vous avez touchés en mon nom. Les payements que vous avez faits sont authentiques et clairs.

DURVILLB.

Monsieur, mon homme d'affaires doit être ici à une heure ; il vous rendra tous les comptes que vous désirez.

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