‹ Théatre de PicardChapitre 152 sur 406 · ACTE IV, SCENE \ll. 18J · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE \ll. 18J

«passit; duquel il résulte que Taclii' muntanl à un « million neuf cent cinquante-sept mille trois cent « soixante-douze francs quatre-vingt-dix-sept centimes ..

MARASCHINI.

Mais qu'ai-je besoin de tous vos millicns ? C'est trois mille francs que vous me devez.

LEDOUX, contiiuumt.

« Et le passif à celle d'un million... »

F R AN VAL

Allons au fait. Quelles sont les propositions qu'on nous fait ?

LEDOUX

Vingt pour cent du montant des susdites créances, tant en capital qu'intérêts.

GRAFF

Ah! vingt pour cent; c'est trop peu aussi.

MARASCHINI.

Vingt pour cent ! j'aurais vingt francs pour cent rancs. J'aimerais mieux rien. (ii se luvc.)

VALMONT, se levant.

Je ne signerai pas cela.

FIAMMESCHI; se luxant.

Ni moi.

FRANVAL, se levant.

Vingt pour cent! iMorbleu, et vous osez, monsieur, vous rendre l'interprèlc?...

LEDOUX, toujours assis.

Monsieur, je n'y suis pour rien.

DUHAUÏCOURS, très-vivcmcnl.

I']h bien, oui, vingt pour cent, c'est fort dur; mais nous devons nous trouver très-heureux; car enfin combien y on a-t-il qui no donnent que quinze, douze, cinq,

181 ULliALTCuUKS

OU rien; et d'après la connaissance que j'ai de ses utTaires, je ne sais comment il fera pour les réaliser les vingt pour cent. Est-ce sa faute si les meilleurs banquiers de Hambourg, de Vienne et de Cadix ont cessé leurs payements ? Est-ce sa faute si des corsaires excellents voiliers, vifs comme des oiseaux, sont maintenant dans les ports de Plymouth ou de Liverpool? Est-ce sa faute, si ses débiteurs. M. Delorme, par exemple, lui enlèvent tout son avoir? Combien ne vous citei'ai-je pas de créanciers qui ont accepté beaucoup moins sans mot dire: et pourquoi ? C'est parce qu'on sait fort bien qu'on finit par tout perdre lorsque la justice s'empare de ces sortes d'affaires. Oui, messieurs, c'est pour votre intérêt, pour le mieux que je vous parle. Je le répète, si la chicane se mêle dans tout ceci, vos créauces seront réduites à zéro, encore si vous n'en êtes pas pour vos frais. Signez donc, hàtez-vous de signer ces propositions que je soutiens loyales, et défiez-vous des boute-feux qui ne cherchent à vous séduire que pour vous tromper et pour embrouiller les aifaires.

GRAFF

Il y a du bon dans ce qu'il vient de dire.

FRANVAL

Ne croyez pas à la colère de cet homme-là ; elle est fausse, elle est calculée; il se fâche à froid, j'en réponds. Eh ! quoi, il y a vingt ans que je travaille, il me faut encore travailler dix ans pour a.:-surer un état à mes enfants, et des nouveaux venus comme ceux-ci feraient leur fortune en six mois, et au premier revers, ils en seraient quilles pour présenter un bilan imaginaire, et ruiner les vrais et honnêtes commerçants ! Cela ne sera pas, croyez-moi. Quand vous devriez tout perdre avec M. Durville, pour votre honneur, pour l'honneur et la sûreté du commerce; que dis-je ! pour votre intérêt particulier à vous tous, qui avez journellejnent besoin de coniianco et de crédit, gardez-vous de signer cet acte où tuut me paraît allégué el dcD prouvé : car si vous

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