‹ Théatre de PicardChapitre 164 sur 406 · DURVILLE, MADAME DURVILLE · texte numérisé non relu

DURVILLE, MADAME DURVILLE

MAD.VME DURVILLE.

Il est seul. Approchons. I»[on ami

DURVILLE

C'est vous, madame?

MADAME DURVILLE

Durvillc, est-ce ainsi que vous devriez me recevoir?

200 DUIIAUTCOUHS.

DUR VILLE

Pardon, je sens mes torts.

MADAME DURVILLE

Nous sommes sans doute bien à plaindre ; mais j'en juge par le mien, ton cœur n'a aucune action blâmable à se reprocher.

DfRVILLE, à part.

Ciel! j'allais lui avouer... Malheureux Durville, en es-tu venu au point de rougir même aux yeux de ta femme ?

MADAME DURVILLE

Mon ami, tu le sais, dans toutes les occasions importantes je me suis toujours laissé guider par toi. Aujourd'hui permets-moi d'avoir une volonté. Tu me parlais hier de cette séparation de biens entre nous.

DURVILLE

Eh bien?

MADAME DURVILLE

Permets-moi d'y renoncer. Je le dois, tu dois y consentir; trop heureuse si au prix de quelque aisance, je peux t'épargner de nouveaux malheurs.

DURVILLE

Ma bonne ami, ce sacrifice de ta part, ton amitié, ta confiance ont déjà versé un baume salutaire sur mes blessures. Tu m'encourages. Non. ne renonce pas à cette séparation; rends-la utile au contraire à mes créanciers. Charge-toi de les payer, et joins à ta fortune ce portefeuille... Il contient huit cent mille francs.

MADAME DURVILLE

Huit cent mille francs! Et qui a pu te procurer cette somme?

DURVILLE

Fais-en l'usage que jo le proscris, et de grAcc ne m'interroge pas.

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