‹ Théatre de PicardChapitre 182 sur 406 · ACTE 1, sci;nk V · texte numérisé non relu

ACTE 1, sci;nk V

la sœur. Pour en revenir à noire sujet, je vous h; répète, une excellente opération de finances.

MADAME DE SAINT-PHAR

Je le crois, puisque vous le dites; mais toute voiro fortune, toute la mienne entre les mains de votre correspondant de Hambourg

DORVILÉ.

L'honnête Frémon, homme actif, intelligent: que craignez-vous? iS'avez-vous pas hypothèque sur mon château? Il n'y a que moi qui risque, j'aime à jouer gros jeu, moi; je suis heureux au jeu; et cependant, votre argent n'en sera pas moins doublé, triplé, quadruplé, que sais-je?

MADAME DE SAINT-PHxVR.

Allons, j'ai donc bien fait, à la mort de mon pauvre mari, do vous remettre tous mes fonds. Grâce à vous, je vais me trouver une veuve assez opulente; mais je suis jeune, et j'ai le temps de songer à me remarier.

Oui, nous avons le temps; pour moi, celte affaire terminée, je me retire; oh! je me relire tout à fait. Quand on a travaillé comme moi cinq ans à être utile à ses concitoyens, il est bien permis de jouir et de se reposer. Il fallait trente ans, quarante ans anciennement pour s'arrondir; à présent c'est plus court, et tant mieux. J'aurai quelqu'un qui fera valoir mes capitaux ; et moi, tranquille dans ma terre ou à Paris, je dépenserai. La chasse, le jeu, une bonne table, une société choisie, de jolies femmes, voilà tout ce que je demande; je ne suis pas ambitieux, moi.

MADAME DE SAINT-PHAR

Oui, nous jouerons des proverbes, nous ferons de la musique, nous aurons des bals champêtres magnifiques, des originaux de province dont nous nous moquerons, des gens d'esprit qui nous divertiront.

23 i LES MARIONNETTES.

DORVILÉ.

C'est cela : comme tous vous entendez à faire les honneurs d'une maison

MADAME DE SAINT-PHAB

C"est un bonheur pour moi. Votre maison est si bonne... Qu'il est doux pour un frère et une sœur, d"être aussi tendrement unis!

DORVILÉ.

C'est vrai : il s'ensuit donc, ma sœur, que nous sommes heureux, très-heureux, parfaitement heureux. Continuons notre promenade.

DORVILÉ, MADAME DE 5AINT-PHAR, DELORME

DELORME, à Georgette.

Allons, avance.

MADAME DE SAINT-PHAR

Ah! c'est Georgette.

DORVILE. en lui donnant un petit coup sur la joue.

Eh! bonjour, ma jolie filleule; mais regardez donc, ma sœur, c'est une dame à présent.

MADAME DE SAINT-PHAR

En effet, quelque tournure, un peu de maintien, et elle serait charmante.

GEORGRTTE.

Mon parrain, c'est que... j'ai bien l'honneur de vous

saluer, mon parrain; et puis je voudrais (a Deiorme.;

mais secondez-moi donc, mon père.

DELORME

Oui, monsieur Dorvilé, voilà ce que c'est, et ce ma-

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