‹ Théatre de PicardChapitre 257 sur 406 · ACTE V, SCEiNE Vlll · texte numérisé non relu

ACTE V, SCEiNE Vlll

GASPARD, il part.

Courage ! inclinez-vous vers le soleil levant, agiles tournesols !

DELORME

Tiens, pourquoi donc fout-ils tant de compliments à ma fille ?

C'est ma sœur

CÉ1.ESTINE.

C'est mon frère ^^

GASPARD, ;, |,ail.

Pliez, flexibles roseaux, je n'ai pas le droit de vohs en mépriser davantage; j'ai plié comme vous.

M.\RCELIN.

Eh! mais de grâce, messieurs et mesdames, expliquezmoi.... Vous vous confondez en politesse pour Georgette ; vous avez Tair de me plaindre.

GASPARD

Eh bien, puisque les autres ont commencé à t'inquiéler, il n'est plus temps de garder de vains ménagements. De la fermeté, mon ami; c'est ici que tu vas avoir besoin de cette grande force d'âme dont tu te glorifiais ce matin.

mar(;elix.

Ah ! mon Dieu ! quel Ion solennel !

GASPARD, moiili'aiit la Icttro que Léonard lui a reniiso.

La voici, cette lettre que M. Léonard a trouvée dans les papiers de la succession. Oui, c'est ton meilleur ami qui doit avoir le courage de te porter le coup fatal.

MARCELIN

Le coup fatal !

Oh ! ne l'effraye pas ; et vous, luaderaoiselle, ne vous éblouissez pas.

GEORGETTE

Eli quoi 1 j'y serais pour quelque chose !

DELORME

Voyons cela.

VALBERG

Mais enfin, monsieur, cette lettre.

GASPARD

Tu reconnais récriture ?

MARCELIN

C'est du cousin Ducoudrai.

GASPARD

Elle est adressée à son premier notaire, que la mort à frappé avant le testateur, le prédécesseur de celui que tu as vu aujourd'hui.

MADAME DE SAINT-PHAR

Fort bien ; mais lisez donc.

GASPARD lit.

« Les informations secrètes que j'ai prises sur le « compte de mon cousin Marcelin me font presque re- « penlir du testament que je vous ai dicté.

MARCELIN

Ah ! grand Dieu !

« Il s'en faut que cette insouciance philosophique « qu'il affecte me prévienne en sa faveur,

MARCELIN

Insouciance philosophique , moi ! on m'a calomnié.

GASPARD

« Les mêmes informations m'ont inspiré beaucoup « d'eslimo pour Georgettc Deloruie, aussi ma parente « du cùlé maleinel.

Page 1