ACTE V, SCÈNE VIII
DEI.ORME
C'est vrai.
GASPARD
« Je voudrais être plus jeune, et peut-être ferais-je « son bonheur autrement que par un testament.
DELORME
Il n'aurait pas rougi de t'épouser. celui-là.
GASPARD
« Mais à mon âge, et frappé d'une maladie que je sens « mortelle, je ne puis que méditer de nouvelles dispo- « sitions dont je vous ferai part incessamment. »
MARCELIX.
Et ces nouvelles dispositions ?
GASPARD
Sont olographes, contenues dans une autre lettre, maintenant entre les mains de M. Léonard.
MARCELIN'
Eh bien, elle me déshérite ? elle institue Georgette légataire universelle ?
GEORGETTE
Vous VOUS taisez !
GASPARD
C'est au notaire à vous instruire.
CÉLESTINE
Voilà pourquoi M. Léonard a fait courir après son confrère de Paris.
DORVILÉ.
C'est trop clair.
MARCELIN
Je suis anéanti.
DELORME
Sierait-il possible?
330 LES MARFONXETTES.
VALBERG
Et cette lettre est de récriture du testateur?
MARCELIX.
Eh ! mon Dieu oui : elle n'en est que trop.
Oui, c'est de son écriture. Rien n'est plus clair. Ali ! quel bonheur!
GEORGETTE
Qui? moi, légataire universel ?
DORVILÉ.
Oui vraiment. Georgette.
DELORME
Ce n'est plus Georgelte, c'est mademoiselle Delorme, riche héritière, entendez-vous.
GASPARD
Allons, mon ami, passe ton crêpe et la joie à mademoiselle et à son père.
DELORME
Eh bien, monsieur Marcelin, vous voilà tout abattu.
MARCELIN
Moi, pas du tout; ne doit-on pas s'attendre... Mes principes ne se démentiront pas, et je quitte mon château, mon carrosse et mes gens... (En soupirant.) sans regret.
DELORME
C'est fort bien fait. Quant à nous, qu'en dirons-nous, mon compère Dorvilé; et vous madame de Saint-Phar: et vous, mon grand monsieur si sensible ? La voilà, cette petite lllle que vous méprisiez tous; mais il faut que je voie, que je m'informe, que je coure chez ce notaire'
gare que je passe, (ll son en honitant Dorvilé et Valbeig.) »