MARCELIN, GASPARD, GEORGETTE, DELORME, LÉONARD
Mais si c'est ma fille que cela regarde, monsieur Léonard, pourquoi ne pas me communiquer....
LÉONARD
Non, ce n'est qu'en présence de Marcelin....
DELORME
Eh bien, tenez, le voilà, Marcelin.
GASPARD
Venez, père Delorme, admirer la conduite de votre fille. Oui, elle est riche, et elle épouse Marcelin.
DELORME
Comment ! tu l'épouses?
GASPARD
Qu-elle délicatesse! quel héroïsme! Que vous êtes heureux d'avoir une fille semblable!
DELORME
Très-heureux, assurément; c'est superbe, c'est magnifique, (a sa fille.) Es-tu folle ?
LÉONARD
Elle l'épouse : oh ! bien ! maintenant, je puis parler, n'est-ce pas?
GASPARD
Pas du tout, c'est encore moi qui parlerai; toute la fortune de votre fille est une chimère, père Delorme.
DELORME
Gomment, une chimère !
MARCELIN
Que dites-vous? Mais cette lettre....
LÉONARD
Elle est vraie, lisez celle qui l'a suivie.
GASPARD
Un legs de trente mille francs à mademoiselle Delorme; confirmation du testament: invitation à Marcelin d'épouser Georgette : mais j'ai pensé qu'il valait mieux devoir votre mariage à votre inclination mutuelle qu'au désir du testateur.
GEORGETTE
Vous repentez-vous, mon cousin? Vous êtes libre.
'Son. n'essayez pas de réveiller mon ambition, ma vanité, elles m'ont fait trop de mal.
DELORME
Bien, mon gendre; point de vanité, point d'orgueil, suivez l'exemple de ma fille; vous avez vu comme elle s'immolait : suite de l'éducation que je lui ai donnée.