‹ Théatre de PicardChapitre 285 sur 406 · ACTE I, SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XI

commis d'un gros négociant... Cela nous a coûté cher, parce que ces femmes aimables... c'est gourmand et fort exigeant en fait de bonne chère. Mais j'ai jeté là

les fondements d'une affaire Tu verras, tu verras.

Je ferai fortune, je serai riche, très-riche, et alors... ah! Dieu! il me serait si doux de reconnaître ce que tu as fait pour moi ! Je te dois tant ; je te dois tout. Éprouve quelque malheur seulement; j'entends que tune t'adresses pas à d'autre qu'à moi.

PHILIBERT aîné.

Je te remercie de ta protection, et je ne manquerai pas de la réclamer en temps et lieu. En attendant, compte toujours sur mes services. Mais je t'en prie, n'en exige pas plus que je n'en peux rendre.

PHILIBERT CADET

Fi donc ! Pour avancer ma conversion, veux-tu me donner à dîner aujourd'hui ? tu me feras de la morale, je te conterai mes projets.

PHILIBERT AÎNÉ

Je ne veux pas.

PHILIBERT CADET

Ah! tant pis. Heureux frère! tu es invité dans quelque bonne maison, peut-être chez ton ministre. Mais quel secret as-tu donc pour plaire ainsi à tout le monde, pour to-mettre sur-le-champ au ton et au goût de chacun? Moi, quand je me trouve avec des gens sensés et de mœurs régulières, si je veux prendre leurs manières, je suis gêné; si je veux m'égayer, je sens que je vais trop loin.

PHILIBERT aîné, avec vivacité.

Eh! degrdce, laisse-moi..,.. Mais je ne veux pas me mettre en colère aujourd'hui. Je ne veux songer qu'au bonheur qui m'arrivc.

PHILIBERT CADET

Vrai? il t'arrive un bonheur. Que tu le mérites bien! Mais conte-moi donc...

PHILIBERT aîné.

Allons, tu ne veux pas voir que je suis occupé. C'est moi qui te cède la place. Je rentre chez moi. (a pan.) Aussi bien, il faut que je change d'habit;.... pour un bal !.... Ma toilette m'a toujours fort peu occupé ; mais dois-je rien négliger pour tâcher de plaire..,.? J'aurai

encore le temps... Il rentre cliez lui en relisant ce qu'il a écrit sur SOS tablettes, pendant la scène.

. PHILIBERT CADET, soûl.

Eh bien, c'est honnête ; il ne m'offre pas seulement de me montrer son nouvel appartement. Je voudrais pourtant bien savoir s'il y a une chambre pour moi, parce que s'il m'arrivait de ne savoir où aller coucher... Ma foi, un frère peut entrer sans façon chez son frère, et en sortant de chez la personne que je vais voir... J"ai là son nom (n lire un papier de sa puchc.) M. Duparc, ancien notaire. Tiens! mon ami Salomon a oublié le numéro... Mais je peux m'informer... Mon Dieu! que je suis content que mon brave frère soit en train d'être heureux !

Page 1