‹ Théatre de PicardChapitre 3 sur 406 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

renom de Tacleur Clozel, grand bambocheur, que souvent ou voyait, à la porte des cafés, une (jueue de billard à la main. Philibert le mauvais sujet fut joué au naturel par cet artiste ({ue le public applaudit avec enthousiasme. Il était bien secondé d'ailleurs par Pélissier, Chazel et Armand Dailh'.

Les Dei'X Philibert firent école, engendrèrent une sorte de cycle comique. L'Odéon représenta le 4 février 1^17 la Suite rJes dei^x Philibert, comédie en trois actes, eu prose, de MM. Hippolyte et Lallemaud. Brazier, Merle et Dumersau avaient donné, au théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 18 octobre 1816, les Deux P/ti liberté, on Sagesse et Folie, comédie mêlée de vaudevilles, en deux actes, en prose. Ce n'est pas tout, lorsque Clozel passa au Gymnase, en 182I, Scribe et Moreau composèrent pour lui un vaudeville en un acte, Philibert marié, qui, joué le 26 décembre 1821, eut presque autant de succès que la comédie de Picard.

Telle est la composition de ce volume. Notre texte re])roduit lidèlement celui de l'édition de 1821, donnée par l'auteur lui-même. Nous avons eu soin toutefois de nous procurer les éditions originales de ces pièces, afin d'indiquer, ce qui n'est pas dans l'édition de 1821 . le théâtre où elles parurent pour la première fois, et les acteurs qui créèrent les rôles. L'édition des Deux Philibert ne nous est point parvenue à temps pour que nous ayons pu en extraire ces renseignements, mais nous y avons suppléé dans la nolice ci-dessus.

Loris Moi. AND.

COMÉDIE EX OUATRE ACTES ET EX PROriE

Reprijsenfée pour la preniièro fois à Paris,

par les comédiens de l'Odêon,

sur le théâtre de la rue de Loucois (le 18 mai 7S0J).

J approche d'une petite ville, et je suis déjà suc une hauteur d'où je la dpiouvrc... Jo me recrie et je dis : « Quel plaisir de vivre sous un si beau ciel et dans un séjour si délicieux, n Jo descends dans la ville, où je n'ai pas couché deux nuits (]ue je ressemble à ceux (|ui l'iiabitont :j 'en. veux sortir.

(La lÎRDYKiiK, chap. V.)

PREFACE

Voici ma pièce favorite, et c'est de toutes mes pièces celle où je trouve moi-même les plus grands défauts : mais je crois que c'est aussi celle qui annonce le plus de talent pour la comédie.

Au lieu d'une intrigue, j'en vois trois ou quatre, et c'est pour excuser ce défaut (jue j'avais d'abord appelé la pièce comédie épisodique. Les amours et les jalousies de Desroches et'de M'"° Bclmont n'inspirent aucun intérêt; leur reconnaissance est péniblement amenée , et cependant c'est là ce qui semble le nœud de la pièce ; mais je prie le lecteur d'être aussi indulgent que le spectateur , d'oublier M'"<= Belmout et ses amours, pour ne considérer que les originaux de ma petite ville.

Mes deux jeunes Parisiens rappellent encore les mtonrdis ; mais le caractère enthousiaste de Desroches qui s'enllamme et se refroidit subitement, le caractère raisonnable et railleur de son ami mé semblent bien imaginés pour faire ressortir les principales parties de mon tableau.

PKKKACE.

Grâce à ces deux caractères bien développés daus les premières scènes ; grâce aux détails nombreux et plaisants que j'ai placés dans les rôles de Riflard, de M"'e Seune^*ille et de Yernon, le premier acte est agréable, et je crois qu'il ne mériterait aucun reproche, sans l'arrivée subite de M'"'-' Belmont et de sou vieux domestique.

Il y a bien quelque chose à dire à l'intrigue de M"° Nina Vernon ; elle rappelle un peu l'Etourderie, jolie comédie de Fagan, et c'est un accident bien heureux pour moi que Desroches ait la vue basse et ait oublié ses lunettes; à cela près, le second acte tout entier me paraît bien.

Le troisième acte est le meilleur; et je crois que je n'ai rien mis au théâtre d'aussi comique que M"'» Guibert et sa fille.

La pièce était d'abord en cinq actes ; entre le troisième et le quatrième acte actuel il y en avait un consacré à peindre la coquetterie de M"® Senneville. Le public m'avertit que cet acte était de trop. Je le retranchai. Il en résulte un peu de confusion dans mon dernier acte, et d'ailleurs c'est dans ce dernier acte qu'il me faut ramener ma voyageuse parisienne, et la faire s'expliquer avec sou amant. Aussi combien cet acte est-il inférieur aux trois premiers 1 II s'y trouve pourtant encore quelques traits de bon comique.

Le passage de la Bruyère, duut j'ai pris une parlie p(»ur épigraphe, ma fourni l'idée de la pièce. Les aventures de M"<= Vernon et les prétentions de M"^" Guibert sur Desruches sont des auecdolLS.

l'HKKACE. îi

Un journaliste me reprocha de n'avoir peint ({ue la mise, la démarche, en un mot le pTiysique de la province. Il soutenait que les situations et les caractères pouvaient s'appliquer tout aussi bien à Paris qu'aux déparlements. C'est possible. Je le dis moimême dans la pièce. Les hommes au fond sont partout les mêmes. Ce sont les habitudes, les usages qui amènent quelques différences entre les mœurs de la province et celles de Paris. Ma f)rincipale tâche était de saisir ces différences, et il faut que j'aie été assez heureux dans mes efforts, puisqu'on lit à ma pièce l'honneur de la proscrire dans plus d'une petite ville. Tandis que les bons esprits de l'endroit riaient do ma comédie, plus d'une belle dame m'accusait d'être un auteur sans principes, sans mœurs et .sans charité.

PERSONNAGES

DESROCHES, jeune Parisien. . . . MM. Barbier.

DELTLLE, son ami Vigni.

DUBOIS, leur valet Picard cadet,

/ François RIFLARD Closel.

â j Paul VERNOX Picard.

1 l M"i« SENNEVILLE M''^ Molière.

^ M""» GUIBERT M'"e Molé.

NixA YERNON, sœur de Vernon M"'= Clément.

= FLORE, fille de madame Cui-

bert Adeline.

M'"o BELMONT, jeune veuve, cousine de Delille M'"« Delille.

CHAMPAGNE, valet de madame Bclmont ^VALVI^LE.

FRANÇOIS, valet de madame Guiberl Armand.

l,a scène est aux portes et dans rintt'i'iiMii' il'uriO potilo ville.

COMÉDIE

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