X INTRODUCTION
sinon avec autant d'art et de succès, du moins avec la même intention que Molière. »
DuJiautcours eut un tel succès que les musiciens durent céder leur orchestre au public. Ainsi cet usage, qui s'observe maintenant à toutes les premières représenlations importantes, ne date pas d'hier.
Le collaborateur de Picard, François Chéion, est le frère de L.-Gl. Cliéron, rauteiu" de VlLuUine à se n tinte rit s.
Le Jeu de la fortune ou les Mariomiettes Q&ildi^ihcQ où Picard a peut-être montré le plus d'originalité, le plus d'art, le plus de naturel et de gaieté dans le dialogue.
Geoffroy, avant d'en donner l'analyse, dit ceci :
« Le caractère particulier à Picard est de se mettre à la portée de tous, de choisir ses portraits dans la vie commune, et de peindre au théâtre les mœurs du jour et les ridicules dominant dans la société : on lui a fait quelquefois un reproche de ce qui chez lui est un mérite. Quoi de plus ordinaire dans le monde que des gens qui s'enrichissent et des gens qui se ruinent ? On n'a jamais vu une circulation plus rapide de richesses, de plus grands déplacements, des revirements de parties plus singuliers ; chaque jour voit éclore des révolutions de ce genre ; autant l'Etat est solidement organisé, autant les fortunes sont mobilisées. Picard était donc sur de nous attacher, en nous montrant un pauvre subitement enrichi, et un riche non moins brusquement appauvri ; les sottises et les extravagances du par\enu, les bassesses et les phtli-
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tudes de l'homme ruiné, voilà les deux pivots sur lesquels roule la pièce. C'est la comédie du jour. .+
Jules Janiu a vanté surtout le premier acte : « Ce premier acte, dit-il, n'aurait pas .été désavoué par Molière. Vous croiriez assister à ces belles scènes de Walter Scott où la nature est représentée et décrite dans ses plus minutieux détails. »
Il est permis de s'étonner que les Marionnettes ne reparaissent pas quelquefois sur la scène, ne seraitce que dans les Matinées dramatiques du dimanche. Elles ont, il nous semble, toute espèce dedroils à cet honneur,
Les B eux Philibert ont été plus souvent repris que les Marionnettes. Dernièrement encore , nous les avons revus à l'Odéon où ils furent fort bien accueillis.
On ne saurait s'imaginer quel succès obtint cette pièce, lorsqu'elle fut représentée pour la première fois sur ce même théâtre de TOdéou, le 10 août 1816. On la joua tous les deux jours pendant plus de cinq mois.
Picard avait ce talent de Tauteur cûmi([ue, que Molière possédait si bien, de savoir utiliser jusqu'aux défauts des acteurs qu'il employait. Ainsi l'on rapporte qu'il imagina le personnage de la vieille fille de la Petite Ville, Nina Vernon, pour une actrice à laquelle on ne savait quel rôle coniler à cause du peu. d'agrément de sa figure et du son fâcheux de sa voix, et que cette actrice se fit une réputation dans ce personnage ainsi dessiné pour elle. De même, dans les Deux Philibert, l'auteur lira pai'li du caractère et du