ACTE IL SCÈNE VIII
PHILIBERT CADET
C'est moi,
DUPARC
C'est vous !
PHILIBERT CADET
Moi-même : jeune homme délicat, actif, et, j'ose le dire, capable de conduire un vaste bureau d'agence. Affaires contentieuses ou administratives, civiles ou militaires; j'embrasse tout, j'entreprends tout. J'ai déjà en vue un excellent commis ; et dès que j'aurai un premier client, je fais imprimer et distribuer mon prospectus.
DUPARC
Votre prospectus I
PHILIBERT CADET
C'est de vous, mon cher monsieur Duparc, que j'attends ce premier client. Soyez mon père.
DU PARC
Votre père,
PHILIBERT CADET
Oui, mon appui, mon protecteur ; vous y trouverez votre compte.
DUPARC, à part.
Je m'y perds. (Haut.) Mais, monsieur, savez-vous bien quelle est l'existence d'un agent d'affaires?
PHILIBERT CADET
Si je le sais? A huit heures chez les négociants, les banquiers et les jurisconsultes ; à dix heures au palais et dans les ministères; à midi chez Tortoni ou quelque autre suivant le quartier où l'on se trouve ; à trois heures à la Bourse ou au bois de Boulogne ; à six on a fait sa toilette, et Ton dine; à huit au balcon ou au foj'er de quelque spectacle; à toute heure et partout des affaires ; et le lendemain on recommence.
402 LES DEUX PHILIBEP.T.
Dr PARC.
Voilà une journée bien remplie.
PHILIBERT CADET
Oui. On s'enrichit et Ton s'amuse. Cela me convient; car je veux gagner; pourquoi? pour dépenser: la vie est si courte ? Que je réussisse, et je fais deTna maison le rendez-vous de tous les plaisirs.
DU PARC, à pari.
Allons, allons. .T'en ai assez entendu.
Eh bien, monsieur Duparc.
Dr PARC.
Eh bien, monsieur, cet entretien a suffi pour fixer ropiniou que je dois avoir de vous.
PHILIBERT CADET, lui serrant la main.
.le le crois, et j'en suis enchanté. (.\ part.) Me voilà trèsbioii dans l'esprit de l'ancien notaire.
DUPARC, ;i paît.
Est-re que ce .serait une mystification que (llairville aurait voidii nous faire ?
PHILIBERT CADET
Ainsi nous nous reverrons à Paris.
DUPARC
Oui, à Paris.
PHILIBERT CADET
Aujourd'hui ne songeons qu'à rire. Nous sommes ici pour cela.
DUPARC
C'est vrai. [.\ part.) Il ne m'amuse guère. Je sors, car je finirais par m'emporter. (a madamo Dorvigny qui paraît.) Causez avec lui, vous m'en direz des nouvelles, (ii sort.)
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