ACTE 11, SCENE iX. 4().S
PHILIBERT CADET
En vérité !
MADAME DER VIGNY
Tenez, monsieur Philibert, je suis une bonne femme, qui ne sait pas cacher ce qu'elle a dans le cœur: d'ailleurs, ce que j'ai à vous dire ne nous engage à rien. Mon gendre n'est plus là. Est-ce que vous n'avez jamais songé à vous marier ?
PHILIBERT CADET
Mais.... je ne dis pas que, s'il se présentait un bon parti, surtout une femme aimable... aimante...
MADAME DERVIGNY
Je sais ce qui vous attire ici.
PHILIBERT CADET
Vous savez...
MADAME DERVIGNY
Quand il n'y aurait que la vive impression qu'a produite sur vous la vue de ma petite-fille.
PHILIBERT CADET
Impression bien naturelle.
MAD.\ME DERVIGNY
Oh ! oui, bien naturelle. Nous savons que vous la trouvez jolie.
PHILIBERT CADET
Charmante.
MADAME DERVIGNY
Parfaite, voilà le mot.
PHILIBERT GADBT.
Oui, madame, parfaite, (a part.) Est-ce qu'on croirait?... ma foi!
MADAME DERVIGNY
Soyez franc, vous l'aimez.
PHILIBERT CADET
Eh bien, oui, madame, je l'aime, (a pan.) Et pourquoi pas ?
MADAME DEKVIGNY.
Eh bien, monsieur, c'est à vous à justifier la réputation qui vous a précédé.
Ah! diable!
MAD\ME DERVIGNY
Et vous pouvez espérer....
PHILIBERT CADET
Oui, madame, je m'amenderai, je me corrigerai.
MADAME DERVIGNY
Comment, vous vous corrigerez?
PHILIBERT CADET
C'est-à-dire, je conserverai le peu de vertus qui me restent ; je tâcherai d"y joindre celles qui me manquent, et si j'ai le bonheur de devenir le gendre de monsieur votre gendre Ah, Dieu! quelle félicité, quelle tendresse, quel délicieux avenir ! (a part.) Me voilà lancé.
MADAME DERVIGNY, i part.
Ce jeune homme est vraiment original ! Poursuivons.