PHILIBERT CADET, MARIANNE, JOSEPH, PASTOUREAU
PHILIBERT CADET
Diable ! moi qui suis déjà tout étourdi de ma séance sur l'escarpolette, un pareil accueil n'est pas fait pour remettre. Eh bien , monsieur Pastoureau, puisque c'est à vous à m'expliquer. ...
PASTOUREAU
Monsieur, je vous dirai... (a pari.) J'ai pris là une commission qui ne laisse pas d'être fort désagréable. Haut.) Monsieur, je suis chargé par le maître de la maison, dont j'ai l'honneur d'être le parent, de vous apprendre qu'il y a eu erreur dans son invitation.
PHILIBERT CADET
Gomment !
PASTOUREAU
Je me sers d'un terme poli pour vous faire entendre...
PHILIBERT CADET
Quoi ?
MARIANNE , lui Jtuuiaiil Sun chapuaii.
Voilà votre chapeau, monsieur.
PHILIBERT CADET
Ah! ah! vous croyez que je suis de trop ici.
PASTOUREAU
Pi donc ! M. Duparc sait trop bien les lois de la politesse et de l'hospitalité.... Mais il craint que, ne connaissant ici que M. Derlac, vous ne so/ez gêné, mai à votïe ai*e.
Si
PHILIBERT CADET
Pas du tout.
PASTOUREAU
Pardonnez-moi, vous vous ennuieriez avec nous.
PHILIBERT CADET, un peu en eolùrc.
Monsieur Pastoureau
PASTOUREAU, de même.
Eh bien, monsieur... (En se radoucissant et d'un ton scutinicn-
i;ii.) Monsieur, remarquez qu'on ne vous prescrit rien, qu'on vous prie seulement de considérer s'il ne serait pas plus généreux à vous.... Oui, monsieur, par égard, par procédé....
PHILIBERT CADET^ cclalanl de rire au nez de M. Pastoureau.
Par procédé ! Oh ! par ma foi, mon cher monsieur Pastoureau, vous vous entendez à merveille à tourner les petits compliments qu'on vous charge de faire : vous y mettez une fermeté de caractère et une douceur d'organe qui enchantent et qui désarment : on obtient tout ce qu'on veut de moi en m'attaquant par les sentiments.
PASTOUREAU
Je vous ai bon gré de prendre ainsi la chose.
PHILIBERT CADET
Il paraît que ces bonnes gens se sont décidés.... Je me décide aussi. Monsieur Pastoureau, je vous ai vaincu aii billard, je ne veux pas vous vaincre ailleurs. Je ne suis pas mécontent de ma matinée ; j'ai respiré l'air de la campagne, je vous ai gagné votre argent. Je ne quitte pas encore le pays ; nous nous reverrons ce soir à la fête du village, et si vous pouvez disposer d'une place dans votre cabriolet en retournant à Paris, je vous prie de me la conserver. Je vous salue de tout mon coeurs (ii sort ©t, en
sortant, il embrasso do nouveau Marianne. )
ACTK II, SCV.SK XXII. 423
JOSEPH
Bon voyage. Je vais fermer la porte sur lui. fii sort.)
MARIANNE
Nous voilà délivrés d'un fier intrigant. (Eiiesori.;
PASTOUREAU, posnnt son chapeau sur une chaise.
Il n'y a plus que des honnêtes gens de la maison : j'y peux rester.
FIN' Dr riEfXIKMK ACTF.
i"2i I.E^î OErX PHII.IRFRT.