‹ Théatre de PicardChapitre 65 sur 406 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

MADAME SENNEVILLE. RIFLARD

Comment, madame? Il y a une lienre que je vous fais des sis-nes, et vous avez Tair de ne pas m'entendiv.

MADAME SENNEVILLE

Mais vous êtes d'une tyi'annie ; pouvais-je quitter mademoiselle de Remival qui me racontait la maladie du petit carlin que je lui ai donné. Que me voulez-vous, monsieur? Pourquoi me l'aire quitter la .sociétc, le jeu! Madame Guibert, ma<l(Mnniselk' Vernon vont .sV-gayer sur notre absence.

P.IFLAKO.

Savez-vous que je suis très-mécontent ? Pourquoi loger chez vous ces deux Parisiens?

MADAME SENNEVILLE

C'est pour ainsi dire à vous que je dois leur connaissance.

KIFLARD.

Je ne m'attendais pas que ce petit Desroches se permettrait d'aller sur les brisées d'un homme comme moi. Je m'attendais encore moins que madame Senneville, une femme que j'estime, que j'aime, que j'ai su distinguer, se permettrait d'écouter les propos et les fadeurs d'un étranger.

MADAME SENNEVILLE

Moi! où prenez-vous .s'il vous plaît... de (pie! droit me parlez-vous ainsi ?

RIFLARD

Au point où nous en sommes, quand je n'altonds que la fin de mes vendanges, quand j'ai l'aveu de votre oncle et le vôtve. il m'est bien permis, madame, de parler on mari. C'est en ami d'ailleurs que je parle. Vous vous perdez. Avez-vous remarqué les chuchoteries et les ricanements, les mots à double entente, les regards malins de toute la société ? Quant à moi, j'ai le mallieur d'être très-violent : je n'ai pas voulu causer de scandale, mais j'ai su ce que j'avais à faire, et M. Desroclies aura de mes nouvelles dès ce soir.

MADAME SEXNE VILLE.

Alil mon Dieu! vous me laites trembler.

RIFLARD

Ce n'est rien, madame, rien du tout, une petite précaution que j'ai prise. Revenons à vous. Si vous avez le moindre soin de votre gloire, si vous tenez à un établissement qui nous convient à tous deux, il faut absolument que ces jeunes gens ne logent pas chez vous ce soir.

MADAME SENXEVILLE.

Qu'exigez-vous! mais mon oncle...

RIFLARD

Votre oncle a eu bi'aucoup d'humeur en les voyant arriver; M. Vernon, qui fait de lui tout ce qu'il veut en se laissant gagner au piquet, lui a déjà parlé. Madame Guibert, que votre oncle a intérêt de ménager, puisqu'elle est sa cousine au sixième degré, lui a fait sentir toute l'horreur de la conduite de ce petit écervelé. Son ami ne vaut pas mieux, c'est un sournois qui l'ail l'homme d'esprit, el je n'aime pas qu'on prenne ces airs-là avec moi.

MADAME SENNEVILLE

Allons, vous vous êtes ligués contre lui. Ce pauvre jeune homme! mais vous voulez que je sois incivile. A

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