‹ Théatre de PicardChapitre 84 sur 406 · ACTE I, SCE.NK U · texte numérisé non relu

ACTE I, SCE.NK U

FIAMMESCHl.

La hançaroltai

MARASGIIIXI.

Mais...

CRÉPON

Allons; doue, ua négociant qui fait les plus grandes affaires! qui jouit du plus grand crédit! C'est de Fàrgent comptant.

MARASGHINI.

On en voit beaucoup par le temps qui court; il s'est lié depuis peu avec M. Duhaulcours.

CRÉPOX.

Eh bien, M. Duliaulcours, un homme fort aimable : un bon cuisinier, un cabriolet , un entre-sol meublé dans le dernier goût.

FIAMMESCHl.

Un faiseur d'affaires.

MARASCHINI.

Point d'autre état que celui d'entrepreneur général de toutes les banqueroutes de Paris, et il ne manque pas d'ouvrage.

l'IAMMESCUI.

Ail ! SoMo Gennarol que me dites-vous là?

MARASGHINI.

C'est lui qui a arrangé le malheur do mon fripon d'associé dans les fêtes champêtres où vous me fournissiez l'illumination et l'artifice.

FIAMMESCHl.

Pas possible.

MARASGHINI.

Un homme perdu de dettes, et qui ne payera jamais ses créanciers qu'en politesses. Un fi'ont d'airain, et puis il a à sa disposition trois ou quatre faux négociants q-ui se succèdent dans toutes les faillites pour entraîner la masse : aussi quand je vois cet homme-là lancé quelque part, jo-ne suis pas trancpiille.

108 1)L H A LTCOL" US.

CRÉPOX.

Fi donc, li donc, monsieur Maraschini ; cmintes cliimériques, injurieuses pour M, Durville: un trèsgalant homme : sa femme est pleine de goût^ de grâces.

FIAMMESCHI.

Un très-galant homme, si vous voulez ; mais s'il ne me donne pas de l'argent comptant tout à Fheure, je remporte mon décor et mes lampions.

CRÉPON

Ah! M. Fiammeschi, quand on a reçu quelque éducation, peul-on songer à un pareil procédé?

MARASCHINI.

M. Crépon a raison: en ami, j'ai cru devoir vous avertir : tenez-vous sur vos gardes, ïaà point de scandale.

FIAM.MESCHI.

Mais permettez donc ; il me doit déjà...

CRÉPON

Mais quand il vous devrait cent feux d'artifice, on n'en vient pas à ces violences avec les gens qui tiennent un certain état dans le monde. Vous vous nuiriez beaucoup, malgré votre talent. Dans les beaux-arts, il faut savoir attendre et perdre pour se faire une réputation. J'entends M. Durville : allons, monsieur Fiammeschi, de la douceur et laissez vos lampions.

FIAMMESCHI.

Il est bien cruel d'expo.ser ses fonds...

MARASCHINI.

Ehl mon Dieu, on s'en fait des fonds quand on n'en a plus.

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