ACTE \, SCÈNE IV
DELORME
Mais, monsieur, les pertes nombreuses que je* viens d'essuyer...
DUR VILLE
Eh! mais, monsieur, dans le commerce on doit prévoir les pertes. Vous êtes vedu vous établir dans ma maison; je vous ai loué un très-joli appartement au second; je vous ai aidé de ma bourse, de mon crédit. Aujourd'hui, votre effet est dans les mains de mon huissier, et j'ai pour principe de ne jamais entraver ses opérations, (a Marascluui et à Fiammcschi). Ah ! meSsieurS, je VOUS
salue ; je suis à vous dans l'instant, (a Dcioimc). Il y a sentence, et même prise de corps contre vous ; c'est
à vous dempêeher (a Mmascbini et à FiammescLi). Eh
bien ! messieurs, notre fête de ce soir sera-t-elle brillante?
FLVMMESCHI.
Très-brillante, monsieur Durville.
DELORME
Je ne rougis pas d'insister. Il s'agit de sauver ma pauvre fille. La faillite du banquier Dorval, qui m'emporte vingt mille francs, un cautionnement indiscrètement signé pour un homme dont la fortune me paraissait assurée, voilà les causes de mon malheur. Pour une modique somme, resterez-vous seul impitoyable ? Je vous payerai, monsieur; je payerai tous mes créanciers. J'ai un ami, un ami respectable, négociant à Marseille, le parrain de ma fille; il ne m'a jamais rien promis, mais il a toujours fait pour moi plus que je ne lui ai demandé. Je lui ai écrit, et j'espère...
DURVILLE
Ah ! oui, des amis ! je compterais sur les vôtres, quand j'ose à peine compter sur les miens. Cela ne me regarde plus, encore une fois, monsieur Delorme ; voyez mou huissier. Pardoa; mais vous voyez que je suis en affaire.
nu DLllALTCOLKt;.
DELORME
Eh bien . monsieur, je subirai mon sort ; je ne m'abaisserai plus à vous supplier. Grâce à vous, après trenle ans d'une vie honnête et laborieuse, je serai ruiné; mais le témoignag'e de ma conscience me restera. Si jamais vous éprouvez les mêmes malheurs, puissiez-vous trouver au fond de votre âme les mêmes consolations.
(Il sort.)