DURVILLE, AUGUSTE
.VUGUSTE.
Vous m'avez demandé, mon oncle '?
DURVU.I.I';.
Oui, mon.-^icur. j"ai une conversation très-sérieuse à avoir avec vous.
AlCîUSTi:, lui r i:K(taiU des leitros.
Mon uutlc, voici des lettres.
vi/rr. I. si:i:M-. vu II;'.
C'est bon, je les lirai. Monsieuv, lorsque par cgnvd pour mon frère, par amitié pour vous, je consentis à vous admettre dans ma maison, j'ai du penser que je trouverais le prix de ma conduite dans votre reconnaissance.
AUGUSTE
• Je ne crois pas, mon oncle, avoir trompé voire espoir.
DURVII.I.F,.
Pardonnez-moi. monsieur. D'abord admis par moi dans mon amité. dans ma conliance. vnu ; vous p"rmettez do criti<pier mes ()p(''ratiou^.
AUOT'STK,
Il ne m'appartient pas sans doute de vous donner des conseils, mon oncle; mais ne serais-jc pas coupable si je vous cachais mes sentimenis? Voyez ces vrais négociants, ces banquiers, dont tout Paris, dont toute la France chérit et bénit la fortune, aussi sévères pour l-i débiteur de mauvaise foi, qu'indulgents pour l'honnête homuic victime des circonstances, s" unissant ensemble pour relever le crédit, ranimer la confiance, honorer leur patrie chez l'étranger, et la délivrer de cette troupe d'usuriers qui spéculaient sur le malheur des temps; un luxe bien entendu, dos spéculai ions grandes, uiilcs. l'encouragement de lugriculture, des arts, des manufactures; voilà leurs titres à l'estime, à la reconnaissance publique. Pouvez-vous me blâmer, mon onrle, quand je n'ai d'autre désir que de vous voir marcher sur les traces de ces hommes vraiment respectables?
DURVII.I.E.
Qu'est-ce à dire...? Sachez, monsieur, que le devoir d'un commis, car vous êtes le mien, est de ^-nivn' aveuglément les volontés de celui qui l'empli ii(>.
11 i DLHALTC.UI lîS
AUGUSTE
Si VOUS m'en voulez pour avoir intercédé pour M. Delorme auprès de vous...
DT"RVILI.E.
Ah! voilà ce que j'attendais. Prenez encore le parti de M. Delonne.
AUGUSTE
Riche comme vous Pèles, i)Ouvez-vous pour une somme ?. .
DURYILLE.
Et qui vous a dit. s'il vous plaît, que j'étais si riche? Avez-vous compti' avec moi ?
AITGUSTE.
Pardon, mon oncle: mais vos entreprises, vos dépenses, vos fêles...
DURYII.I.E.
Croyez-vous que ce soit pour mon plaisir que je donne ces fêtes? Ne voyez-vous pas que tous ces bals, ces réunions, ces dépenses sont nécessaires pour augmenter, pour conserver mon crédit ? Vous ne vous formez pas du tout en vérité; j'en suis fâché pour vous, mais vous n'entendrez jamais rien au commerce. Revenons à M. Delorme, aux reproches nombreux que j'ai à vous faire: ils ont s\n'lout pour objet votre conduite, vos mœurs.
AUGUSTE
Mes mœur.s, mon oncle !
nURVILI.E.
Oui, monsieur, vos mœurs. Pourquoi, lorsque j'ai du monde à dîner, vous e-:(piiver l()UJo\irs au dessert ? Lorsqu'à force d'instance, vous voulez bien nous honoler de votre pr .'sence. on vous voit debout prés de la cheminée. répo:idanl par monosyllabes, et feuillelant je ne sais (pu-llr brochure, connue pour distraire votre ennui.