ACTE I. SCÈNE VIE Mo
AUGUSTE
Ces torts sont réels, sans doute: mais vous parliez de mes mœurs.
DURVILLE
Précisément. Vous dédaignez ma société pour celle de M. Delorme. Quand vous avez refusé une place au spectacle dans la loge de votre tanle, on vous aperçoit aux troisièmes avec M. et M"« Delorme.
AUGUSTE
Pourriez-vous blâmer ma liaison avec une famille respectable ?
DURVILLE
Mais est-il aussi respectable le motif qui vous attire cliez cet ennuyeux honnête homme? Voilà de nos philosophes du jour, qui condamnent avec amertume les actions des autres, et qui cherchent à séduire les femmes, les filles de ceux qu'ils appellent leurs amis.
AUGUSTE
Oui ? moi. prand Dieu ! la séduire !
DURVILLE
Et quel serait votre but ? A'ous ne pouvez pas songer à Ti'pouser ?
AUGUSTE
Et pourquoi ne sontrerais-je pas à l'épouser?
DURVILLE
Plaît-il ! mais vous avez donc perdu tout à lait la tète? Vous marier, à vingt ans, sans état, sans fortuneJ Et à qui ? A la fille d'un petit marchand, d'une intelligence très-bornée,, dont les affaires sont considérablement dérangées ! Par toute l'autorité que je puis avoir sur vous, monsieur, je vous défends de remettre les pieds chez M. Delorme.
AUGUSTE
Ah 1 mon oncle, combien vous êtes changé pour moi, depuis que ce M. Duhaulcours s'est établi votre conseil.
116 DUHALTCOLiiS
DURVILLE
Vous en voulez beaucoup à M. Duliautcours.
AUGUSTE
. N'est-ce pas lui qui m'a enlevé votre amitié, votre confiance? Ai-je rien fait pour m'en rendre indigne? Et cependant.... mais je vois que je vous irrite; je sors. Si mes assiduités chez M. Delorme ne servent qu'à vous aigrir contre lui, je me ferais, sans doute, un devoir de vous obéir; mais n'est-ce pas me faire cruellement acheter l'asile que vous m'avez offert? fd sort.)