ACTE I, SCINK l
DT-HAI'TCOURS.
Je n'ai pas perdu une minute; mon cheval est rendu. J"ai tout néLTocié, tout est bien disposé, lout est en règle. Votre santé?
DIRVII.LE.
Ah! Ijien laible, mon ami I Vous avez p]ac<' mes elTots?
DUHAUTCOURS.
A quatre-vingt-quinze. Il faut vous ménager, avoir soin de vous.
DURn'ILLE.
Vous avez raison; mais ces choses-là donnent toujours un peu de souci.
DUHAUTCOfRS.
C'est une enfance. Quo\. parce que vous vous arrangez avec vos créanciers, vous allez vous rendre malade ? Est-ce que Ton prend gardé à ces misères-là aujourd'hui? Voudriez-vous paraître coupable, lorsque' vous n'êtes que prévoyant?
DURVn.I.R.
Mes billets sur Dorval ?
DUHAUTCOURS, remettant des papiers et un poptéfeiiillc i\ Diirville.
Escomptés à trois quarts. Voici les fonds.
DrRVII.LK.
El les cinquante mille francs dont j'ai donné mon acceptation à M. Franval, ce négociant de Marseille qu'on attend à Paris.
DUH,\UTCOURS.
Cinquante billets de caisse dans ce portefeuille,
DURVILLE
Tous nos cafés, nos sucres?
DUHAUTCOURS.
Dans les magasins de Pleinchêne; il me devait cela, je lui ai rendu le même service.
IIS IJUHALTCOL'P.S
DURVILLE
Ainsi tout est à couvert.
Dt'HAUTCOI'RS.
Ce n'esf pas tout: il vous fallait présenter un actif qui fermât la bouche à tous les médisants. J'ai acheté à deux pour cent six cent mille francs de créances sur des négociants ruinés; j'ai eu pour dix mille francs deux millions d'actions sur des corsaires... qui sont à Londres à l'heure où je vous parle.
DL-RVILLE.
En vérité, vous êtes un homme unique.
DUHAT'TCOL'RS.
Quelque activité, beaucoup d'habitude des affaires. J'en ai tant fait, à Berlin, à Gènes, partout; j'ai beaucoup voyagé. Il est Ijien entendu que je figure parmi vos créanciers.
DTRVII.T.E.
Vous?
DUHArTCOVRS.
Je n'en serai pas moins votre agent, votre défenseur : mais cela dépayse les méchants, les curieux; et puis c'est la manière la plus loyale de prendre mes honoraires. Ah! que ne suis-je à votre place! Mais ne fait pas banqueroute qui veut: il laut du crédit : et que je suis fâché de ne vous avoir pas connu plus tôt! nous aurions bien mieux réglé les clioses; vous auriez fait les affaires, je vous aurais prêté mon nom : j'aurais tout signé: vous n'auriez jamais (''té compromis.
rnuvii.i.E.
Mais vous. Duhautcours?
prHAfTCOrRS.
Oli! moi, cela ne tire pas à conséquences; on a,
comme cela, un commis prête-nom ([ui signe et qui
disjiai'aît; on a beaucoup [jerfectionui'; les diflérenles
manières, parce que c'est si couru dans ce moment-ci...